Europe
Entre icebergs et maisons colorées, l’Europe fait bloc autour du Groenland face aux convoitises de Trump
La présidente de la Commission européenne a embarqué pour une croisière très politique avec les dirigeants groenlandais et danois. Une façon d’afficher…

La présidente de la Commission européenne a embarqué pour une croisière très politique avec les dirigeants groenlandais et danois. Une façon d’afficher son soutien à cette immense île arctique que les États-Unis n’ont jamais cessé de convoiter.
Le soleil éclabousse les eaux turquoise d’un bleu presque irréel. Un bateau se fraie un chemin entre des icebergs à perte de vue, s’arrête devant une cascade, puis repart en direction d’un bloc de glace. À son bord, Ursula von der Leyen est accompagnée du chef du gouvernement groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, et de la Première ministre danoise, Mette Frederiksen. Les trois dirigeants sourient, se lancent des plaisanteries et multiplient les prises de vue. Le cadre est superbe, mais la scène est avant tout politique. Il s’agit de faire exister une unité, par images interposées.
Le choix du lieu n’a rien d’anodin. Le Groenland est devenu un objet de convoitise depuis que Donald Trump a menacé de s’en emparer. Une déclaration qui a pris de court des alliés historiques, incapables d’imaginer un tel coup venu de Washington. Les esprits se sont calmés depuis, mais le président américain n’a jamais enterré son projet. La visite d’Ursula von der Leyen dure deux jours et doit déboucher sur des engagements financiers. C’est une manière de répondre aux États-Unis sans prononcer leur nom.
Le navire ne se contente pas de longer les grands espaces. Il fait escale à Qoornoq, un petit village aux maisons colorées, où les dirigeants sont accueillis avec un grand drapeau rouge et blanc du Groenland. L’accueil chaleureux ne masque pas les inquiétudes. Un habitant, Peter Lyberth, confie sa peur de Donald Trump. Il redoute ce que les Américains pourraient faire au territoire s’ils venaient à l’occuper. Le contraste est frappant entre la beauté du paysage et la fragilité de la situation.
Sur ces questions, Ursula von der Leyen reste évasive. La présidente de la Commission européenne est occupée à ramasser des baies quand on l’interroge sur la portée de sa visite. Elle préfère répondre plus tard, dans un message publié sur les réseaux sociaux avec une vidéo où l’on aperçoit une baleine. « L’Europe se tient aux côtés du Groenland », écrit-elle. « Nous naviguerons ensemble à travers ces changements. » Une formule douce, mais un signal politique très clair.
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