Économie
L’été s’annonce sous tension pour l’approvisionnement en carburant en France

Alors que l’Europe redoute une pénurie de diesel et de kérosène durant la saison estivale, les autorités françaises tentent de rassurer sur la solidité des stocks nationaux, malgré le blocage persistant du détroit d’Ormuz.
Le spectre d’une pénurie de carburant plane sur l’Europe à l’approche de l’été. Les difficultés d’approvisionnement en hydrocarbures, exacerbées par le conflit entre l’Iran et les États-Unis, suscitent une vive inquiétude chez les acteurs du secteur. Le patron de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a récemment alerté sur le risque d’une « ère de pénurie énergétique » si le blocus du détroit d’Ormuz se prolongeait encore plusieurs mois. Cette voie maritime stratégique, par laquelle transite habituellement près d’un cinquième de la production mondiale d’hydrocarbures, est paralysée depuis la fin février, une situation aggravée par les sanctions américaines visant les ports iraniens.
Face à ces sombres perspectives, le président de la République a tenu à tempérer les craintes. Il a affirmé qu’aucune pénurie n’était envisagée à ce stade, mettant en garde contre les comportements de panique qui pourraient se propager dans les stations-service. Le gouvernement multiplie les messages de réassurance, rappelant que la France dispose de plus de trois mois de stocks pétroliers pour faire face à d’éventuelles difficultés d’approvisionnement. Actuellement, seules 4% des stations françaises connaissent des ruptures sur au moins un carburant.
Cependant, l’été représente un défi particulier. La saison est marquée par une forte hausse de la demande, avec les grands départs en vacances sur les routes et l’affluence dans les aéroports. Or, le conflit iranien prive le marché mondial de millions de barils de pétrole chaque jour. Dans ce contexte de raréfaction de l’offre, les grandes zones consommatrices comme l’Asie et l’Europe se livrent une concurrence acharnée pour l’accès aux produits pétroliers. L’Europe pourrait être contrainte de payer un prix très élevé pour éviter une rupture d’approvisionnement, un scénario déjà observé après le déclenchement de la guerre en Ukraine.
Les experts estiment que le risque de pénurie de diesel et de kérosène en Europe augmente au fil de l’été, en raison de la réduction des importations en provenance du Moyen-Orient et de l’Asie. Le commissaire européen à l’Énergie a lui-même jugé que l’Union européenne s’approchait rapidement d’une crise d’approvisionnement, avec des conséquences potentielles sur le prix des billets d’avion et des annulations de vols.
Pour parer à cette éventualité, la France se dit prête à puiser dans ses stocks stratégiques. De son côté, l’Union européenne a dévoilé un plan d’action comprenant une surveillance renforcée de l’approvisionnement en kérosène, une maximisation de la production des raffineries, la promotion de la sobriété énergétique et une accélération de l’électrification pour réduire la dépendance au pétrole et au gaz.

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effet cliquet
28 avril 2026 at 12 h 19 min
Alors oui, l’électrification permettra de baisser considérablement la dépendance au pétrole des moyens de transports.
Pour dépendre de l’approvisionnement en uranium pour les centrales. Dépendance moins sous tension que le pétrole il est vrai.
On restera largement dépendants du pétrole pour d’autres secteurs comme les fibres pour textile ou pièces de diverses machines.
Hélas le nucléaire ne permettra pas de mettre totalement fin au règne du pétrole.