Culture
Une soirée de consécration pour le cinéma américain aux Bafta

_**La fresque politique de Paul Thomas Anderson, « Une bataille après l’autre », a dominé la cérémonie londonienne, remportant six trophées, dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur, se profilant ainsi comme le grand favori pour la suite de la saison des récompenses.**_
L’œuvre du cinéaste américain a été largement célébrée lors de la prestigieuse cérémonie britannique. Ce long-métrage, qui interroge les héritages militants et les fractures sociales contemporaines, figurait en tête des nominations. Son succès semble annoncer une campagne prometteuse en vue des prochaines distinctions internationales. Interrogé sur la portée de son film, le réalisateur a évoqué la nécessité d’un engagement pacifique et a appelé à préserver un sentiment d’espérance.
La soirée a également réservé une surprise notable avec la désignation de Robert Aramayo comme meilleur acteur pour son rôle dans « I Swear ». L’interprète, relativement peu connu, a su convaincre le jury par sa composition d’un personnage confronté au syndrome de Tourette, devançant ainsi des concurrents pourtant attendus. Un moment de la cérémonie, durant lequel une insulte proférée par la personne ayant inspiré le film a retenti, a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux, rappelant la complexité de ce trouble neurologique.
L’événement a réuni, comme à son habitude, de nombreuses personnalités du cinéma international sur le tapis rouge londonien. La présence du prince William et de la princesse Kate a par ailleurs attiré l’attention, constituant leur première apparition officielle depuis récemment. Le prince a d’ailleurs confié avoir différé le visionnage d’un des films en compétition, évoquant un état d’esprit peu propice.
Parmi les autres lauréats de la nuit, le drame historique « Hamnet », pourtant nommé dans de multiples catégories, n’a finalement obtenu que deux prix, dont celui du meilleur film britannique et de la meilleure actrice pour Jessie Buckley. Cette dernière confirme ainsi son excellente saison et s’impose comme une candidate majeure pour les trophées à venir. Le film « Sinners » de Ryan Coogler, malgré un nombre record de nominations ailleurs, est reparti avec trois récompenses.
La Britannico-Nigériane Wunmi Mosaku a été récompensée en tant que meilleure actrice dans un second rôle pour sa performance dans ce même film, un récit fantastique ancré dans l’Amérique ségrégationniste. Elle a salué un rôle qui lui a permis de renouer avec une part de son histoire et de son identité. Par ailleurs, le prix du meilleur film en langue étrangère est revenu à la production norvégienne « Valeur sentimentale » de Joachim Trier, une première pour ce pays. La cérémonie s’est achevée sur une note plus légère avec l’intervention de l’ours Paddington, venu remettre le prix du meilleur film pour la jeunesse.

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