Économie
Doctolib épinglé pour entraves à la concurrence

L’Autorité de la Concurrence a infligé une sanction de 4,665 millions d’euros à la plateforme médicale française, visant des pratiques systématiques d’éviction des concurrents.
La pénalité financière s’inscrit dans un constat dressé par le régulateur, qui relève une stratégie délibérée de verrouillage des marchés de la prise de rendez-vous en ligne et de la téléconsultation. Doctolib détient en effet une position prééminente sur ces segments, avec des parts de marché estimées entre 70 % et 90 % pour la gestion des rendez-vous, et dépassant les 40 % pour les consultations à distance.
Parmi les griefs retenus figurent des clauses d’exclusivité imposées aux professionnels de santé, les empêchant de recourir à des services concurrents, ainsi que la pratique de la vente liée entre les différentes offres. L’acquisition en 2018 de MonDocteur, son principal rival de l’époque, a également été jugée problématique, l’autorité y voyant une manœuvre ayant facilité des augmentations tarifaires répétées. Des documents internes évoquaient alors l’objectif affiché de provoquer la « disparition » de ce concurrent.
La société, qui a immédiatement annoncé son intention de faire appel, conteste fermement cette décision qu’elle estime reposer sur une méconnaissance des réalités de son secteur. Elle souligne que la dissociation des services de rendez-vous et de téléconsultation nuirait, selon elle, à la continuité des soins et au travail des praticiens. Doctolib devra néanmoins mettre un terme sans délai aux pratiques anticoncurrentielle encore en vigueur, et procéder au versement de l’amende, sous réserve d’un éventuel remboursement si la justice lui donne gain de cause.
Fondée en 2013, l’entreprise emploie aujourd’hui près de 3 000 collaborateurs et a enregistré un chiffre d’affaires annuel de 348 millions d’euros. Le régulateur reconnaît le succès commercial et technologique de Doctolib, tout en rappelant que la loi s’applique à toutes les entreprises, sans exception.

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