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La France interpelle un pétrolier de l’ombre russe

Le président Macron réclame un renforcement des contrôles maritimes après l’arraisonnement d’un navire suspect au large de Saint-Nazaire, évoquant un enjeu crucial pour limiter le financement de l’effort de guerre russe.
Des commandos français ont pris le contrôle samedi du pétrolier Boracay, battant pavillon béninois et appartenant à la flotte dite fantôme utilisée par Moscou pour contourner les sanctions occidentales. L’opération s’est déroulée dans les eaux internationales au large des côtes françaises, conformément au droit maritime international. Le navire a ensuite été escorté vers le port de Saint-Nazaire où il se trouve actuellement sous surveillance.
Une enquête judiciaire a été ouverte pour défaut de justification de la nationalité du navire et refus d’obtempérer. Le commandant de nationalité chinoise et son second ont été placés en garde à vue, une mesure prolongée mercredi par le parquet de Brest. Seul le chef d’accusation de refus d’obtempérer sera retenu contre le commandant lors de son procès.
Le chef de l’État français a souligné jeudi à Copenhague l’importance stratégique de cette interception. Selon lui, la pression exercée sur ces navires clandestins réduit significativement les capacités russes à financer son engagement militaire en Ukraine. Le commerce pétrolier assuré par cette flotte parallèle représenterait plus de trente milliards d’euros pour le budget russe, couvrant environ un tiers des dépenses militaires.
Ce pétrolier de 244 mètres illustre les méthodes d’évasion employées par cette flotte de l’ombre. Le Boracay, également connu sous le nom de Pushpa, a successivement arboré sept pavillons différents et présente des propriétaires opaques basés dans des paradis fiscaux. Ces pratiques, combinées à l’extinction fréquente des transpondeurs, compliquent considérablement le travail d’identification et de traçage.
La présence récente du navire près des côtes danoises a suscité des interrogations supplémentaires. Il a été repéré dans cette zone lors de plusieurs incidents impliquant des drones ayant perturbé le trafic aérien local. Bien que les autorités danoises aient évoqué l’hypothèse de lancements depuis un bâtiment maritime, le président français a appelé à la prudence concernant d’éventuels liens avec ces événements.
L’Union européenne estime à 444 le nombre de navires composant cette flotte parallèle. Chaque jour, entre dix et quinze de ces bâtiments transiteraient au large de Brest, selon des sources militaires. Cette interception s’inscrit dans un effort plus large de contrôle des voies maritimes face à des pratiques qui remettent en cause l’application des sanctions internationales.

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