Économie
Les pastilles hydratantes, une promesse marketing sans fondement scientifique

En pleine saison estivale, ces produits surfent sur des idées reçues pour séduirent les consommateurs, alors que l’eau reste la seule solution réellement efficace.
Sur les réseaux sociaux comme dans les rayons des pharmacies, les pastilles effervescentes vantant une hydratation optimale connaissent un succès croissant. Présentées comme la solution miracle contre la fatigue, les lendemains de soirée ou les fortes chaleurs, ces comprimés à base de sels minéraux et d’arômes fruités séduisent par leur aspect pratique et ludique. Pourtant, selon les experts, leur utilité relève davantage du storytelling commercial que d’un véritable bénéfice santé.
Les marques mettent en avant un argument choc, celui d’une population française insuffisamment hydratée. Un récent sondage indique en effet que près de 80 % des adultes ne boiraient pas les 1,5 à 2 litres d’eau quotidiens recommandés par l’Anses. Mais cette donnée, souvent interprétée de manière alarmiste, ne signifie pas pour autant que ces personnes souffrent de déshydratation. Comme le rappellent les nutritionnistes, l’alimentation courante – fruits, légumes, viandes – contribue déjà largement à l’apport hydrique journalier.
Les promesses de ces produits, censés compenser les pertes en électrolytes dues à la transpiration, sont également remises en question. Si les sportifs de haut niveau ou les travailleurs exposés à des conditions extrêmes peuvent justifier un apport spécifique, la majorité des individus récupèrent naturellement ces sels minéraux via leur alimentation. Pire, l’ajout systématique de sucre et de sodium dans l’eau, loin d’être anodin, pourrait même aggraver les déséquilibres nutritionnels dans une société déjà confrontée à l’excès de ces substances.
Au-delà des considérations sanitaires, ces pastilles entretiennent des idées fausses, comme celle d’une eau plate insuffisante pour une hydratation correcte. Un discours qui inquiète les professionnels, craignant une dérive vers une artificialisation inutile de la consommation d’eau. Le risque ? Que ces habitudes marketing éloignent le public des réflexes élémentaires, pourtant simples et économiques, qui garantissent une hydratation saine et suffisante.

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