Économie
LVMH dans la tourmente après des manquements sociaux chez Loro Piana

La justice italienne impose un an de surveillance judiciaire à la marque de luxe, accusée de négligence dans le contrôle de ses sous-traitants.
Le tribunal de Milan a ordonné le placement sous administration judiciaire de Loro Piana, filiale du groupe LVMH, pour une durée d’un an. Cette décision fait suite à des manquements dans la supervision des conditions de travail au sein de sa chaîne de production. Les magistrats ont estimé que la direction avait, par négligence, permis des situations d’exploitation chez ses sous-traitants, en raison d’un système de contrôle défaillant.
L’enquête, ouverte en mai dernier après la plainte d’un ouvrier chinois victime de violences pour avoir réclamé son dû, a révélé des dysfonctionnements graves. Plusieurs ateliers, impliqués dans la confection des collections de la marque, employaient des travailleurs en situation irrégulière, soumis à des conditions de travail indignes. Les inspecteurs ont constaté des logements insalubres, des salaires non versés et des infractions répétées aux règles de sécurité.
Deux responsables d’ateliers chinois et deux Italiens ont été poursuivis, tandis que sept ouvriers sans papiers ont été déférés à la justice. Le tribunal a également prononcé des amendes totalisant plus de 240 000 euros et ordonné la fermeture de deux ateliers pour travail dissimulé.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de contrôles renforcés sur les pratiques des géants du luxe en Italie. Plusieurs maisons, dont Armani, ont déjà fait l’objet de sanctions similaires. En mai dernier, Dior, autre marque du groupe LVMH, a été contrainte de verser deux millions d’euros en réparation pour des irrégularités chez ses sous-traitants, sans toutefois être reconnue coupable d’infraction.
Loro Piana, acquis par LVMH en 2013 et dirigé par Antoine Arnault, n’a pas immédiatement réagi à cette décision. Le groupe, comme l’ensemble du secteur, devra désormais renforcer ses mécanismes de vigilance pour éviter de nouveaux contentieux.

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