Économie
Wall Street et l’Europe : pourquoi les bénéfices des entreprises flambent malgré une économie atone
Les marchés anticipent des gains records pour 2026 et 2027, alors que la croissance économique piétine. L’intelligence artificielle et un décalage entre…


Les marchés anticipent des gains records pour 2026 et 2027, alors que la croissance économique piétine. L’intelligence artificielle et un décalage entre cours et profits pourraient tout changer.
Les prévisions donnent le tournis. Pour 2026, la croissance des bénéfices est attendue à plus de 25% pour le S&P 500 et à plus de 19% pour l’indice Euro Stoxx. L’année suivante, les chiffres restent très élevés, autour de 16,8% pour les États-Unis et 12,8% pour l’Europe. Pourtant, l’économie réelle ne suit pas. En Allemagne, la croissance atteint à peine 0,5%. Aux États-Unis, elle ralentit, comme en témoigne la baisse des créations d’emplois le mois dernier. Alors, comment expliquer une telle explosion des profits quand l’activité générale peine à décoller?
La réponse tient en deux mots : intelligence artificielle. Ce n’est pas seulement le secteur tech qui profite de cette révolution. Des entreprises industrielles aux sociétés de services, l’IA promet des gains de productivité massifs. Elle va transformer le travail, détruire certains emplois mais en créer d’autres, et surtout générer des profits et de la croissance. Les analystes estiment que la hausse des bénéfices attendue pour 2026 et 2027 est déjà largement portée par le déploiement de ces outils. Sans l’IA, comment justifier une croissance de 15 à 25% des bénéfices alors que la croissance économique faiblit? C’est un niveau record depuis trois ans, et il défie les tendances classiques.
Autre élément clé : les marchés actions ont pris du retard sur leurs propres bénéfices. Sur un an, le S&P 500 a grimpé de 19%, et le Nasdaq de 25%. Mais dans le même temps, les bénéfices prospectifs du S&P 500 ont bondi de 31%, dont la moitié due aux révisions. Résultat : l’indice est en retard de 12% par rapport aux profits anticipés. Pour le Nasdaq, l’écart atteint 16%. Autrement dit, si les cours rattrapent leur retard, le potentiel de hausse est encore de 12 à 16%. Tant que les bénéfices restent sur cette trajectoire positive, les actions n’ont pas grand-chose à craindre.
Regardons des cas concrets. Dans la tech, Palantir a vu son cours baisser de 13% sur un an, alors que ses bénéfices prospectifs ont explosé de 96%. Netflix a chuté de 47%, tandis que ses profits anticipés augmentaient de 15%. Nvidia, elle, n’a progressé que de 7%, alors que ses bénéfices flambaient de plus de 56%. Ces exemples montrent que même quand les marchés semblent atones, les fondamentaux restent solides. Et cette dynamique pourrait bien durer, portée par une IA qui change la donne bien au-delà des seules entreprises technologiques.
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