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Andy Burnham à deux doigts de Downing Street

L’ancien maire de Manchester est le seul député à s’être déclaré pour prendre la tête du parti travailliste. Si aucun autre candidat ne se présente d’ici…

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Andy Burnham à deux doigts de Downing Street

L’ancien maire de Manchester est le seul député à s’être déclaré pour prendre la tête du parti travailliste. Si aucun autre candidat ne se présente d’ici le 15 juillet, il sera automatiquement désigné Premier ministre dans la foulée.

Jeudi marque le coup d’envoi officiel du processus pour succéder à Keir Starmer à la tête du Labour. Et pour l’instant, un seul homme s’avance. Andy Burnham, 56 ans, a déjà annoncé sa volonté de diriger le parti et le pays. Pour valider sa candidature, il doit prouver qu’il a le soutien d’au moins 81 des 402 députés travaillistes. Un seuil qu’il devrait franchir sans difficulté. Si personne ne le défie avant la date butoir du 15 juillet, il sera directement intronisé chef du Labour le 17 juillet lors d’un congrès extraordinaire. Downing Street l’attendrait probablement trois jours plus tard.

L’ancien secrétaire d’État aux Armées Al Carns, qui avait envisagé de se lancer, a finalement renoncé mercredi soir. De nombreux travaillistes voient en Burnham l’homme du renouveau. Le parti sort affaibli de la brève mais difficile mandature de Starmer. Ce dernier a démissionné le 22 juin après deux ans seulement au pouvoir, usé par la crise du coût de la vie, des revirements politiques et la controverse autour de la nomination de Peter Mandelson comme ambassadeur aux États-Unis. Un proche du criminel sexuel Jeffrey Epstein. Les défaites électorales locales ont achevé de lui retirer ses soutiens.

Andy Burnham, surnommé « le roi du Nord » pour ses succès à Manchester, a fait son retour au Parlement le 18 juin en remportant haut la main une élection partielle près de son fief. Une étape obligatoire pour espérer entrer à Downing Street. Son retour à Westminster a été salué avec enthousiasme par plusieurs élus. Wes Streeting, ancien ministre de la Santé, lui a apporté son soutien. Beaucoup estiment que Burnham est la meilleure chance du Labour pour résister à la poussée du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage, qui devance les travaillistes dans les sondages depuis plus d’un an. Même si l’écart se réduit ces dernières semaines. Farage lui-même est embourbé dans une affaire de dons non déclarés et a annoncé sa démission du Parlement pour se soumettre au jugement des électeurs.

Un député travailliste, sous couvert d’anonymat, a confié que le parti avait raison de « tenter le pari » Burnham. « Il ne pouvait pas être pire que Starmer », a-t-il ajouté, espérant « un vent de fraîcheur ». Un autre s’inquiète du peu de temps dont disposerait Burnham pour se préparer à gouverner. Mais les spéculations vont déjà bon train sur son futur gouvernement. Depuis son retour au Parlement, il a commencé à esquisser sa vision. Il promet notamment un vaste mouvement de décentralisation pour stimuler la croissance. Dans une vidéo postée mercredi sur les réseaux sociaux, il a déclaré que son objectif serait « que la majorité des gens aient confiance en l’avenir » grâce à « de la croissance et des changements tangibles dans chaque quartier ». Si un autre candidat se déclare d’ici le 15 juillet, une compétition interne aura lieu avec un vote des adhérents et syndicats programmé le 29 août. Mais pour l’instant, la route de Burnham vers Downing Street semble toute tracée.

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