Faits Divers
Une mère condamnée à dix-huit ans de réclusion pour le décès de ses jumelles


Le verdict est tombé après quatre heures de délibération. La justice a retenu l’altération du discernement de l’accusée, sans pour autant écarter sa responsabilité pénale.
Une femme de trente-sept ans a été reconnue coupable d’avoir provoqué la mort de ses deux filles âgées de trois mois. Les faits remontent à décembre 2022 en Gironde, dans un contexte de troubles psychiques sévères survenus après l’accouchement. La cour d’assises a prononcé une peine de dix-huit années d’emprisonnement, accompagnée d’une mesure de suivi socio-judiciaire de sept ans incluant une obligation de soins. Le non-respect de cette obligation exposerait la condamnée à quatre années supplémentaires de détention.
L’avocat de la prévenue a exprimé son incompréhension face à la décision, estimant que la cour n’avait pas suffisamment pris en compte la réalité de la pathologie postpartum. Il a souligné que la reconnaissance d’une altération du discernement aurait dû conduire à une atténuation plus marquée de la sanction. La défense déplore une forme de contradiction dans le raisonnement judiciaire, où la maladie est certes actée mais dont les conséquences juridiques n’ont pas, selon elle, été pleinement tirées.
Lors des débats, le ministère public avait qualifié le geste de déterminé et délibéré, éloigné selon lui de toute intention apaisante. Les magistrats ont suivi cette analyse en écartant l’abolition totale du discernement tout en admettant son altération partielle au moment des événements. L’accusée, qui suivait un traitement psychiatrique et médicamenteux depuis plusieurs semaines, se trouvait dans un état d’épuisement et d’anxiété profonde.
La prévenue avait elle-même décrit une période de détresse absolue après la naissance de ses enfants, évoquant un sentiment d’incapacité et des idées morbides. Elle avait antérieurement été hospitalisée en unité spécialisée et poursuivait des soins en hôpital de jour lorsque le drame s’est produit. Son conseil avait plaidé l’irrationalité de son acte, soulignant l’incohérence entre le geste fatal et les préoccupations matérielles qu’elle manifestait encore quelques instants plus tard.
Le représentant du parquet avait pour sa part avancé l’hypothèse d’une situation d’impasse psychologique, la source de son angoisse ayant été supprimée dans un accès de désespoir. Les avocats des parties civiles ont également qualifié la peine de particulièrement sévère, constatant que la dimension clinique du postpartum semblait avoir été reléguée au second plan. La question d’un éventuel appel reste en suspens, la condamnée n’ayant pas manifesté sa position immédiatement après l’annonce du verdict.





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