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Tirana bascule dans la violence nocturne et Edi Rama dénonce des mains étrangères

Pour la quatrième soirée d’affilée, la capitale albanaise a plongé dans les affrontements entre forces de l’ordre et contestataires. Le Premier ministre…

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Tirana bascule dans la violence nocturne et Edi Rama dénonce des mains étrangères

Pour la quatrième soirée d’affilée, la capitale albanaise a plongé dans les affrontements entre forces de l’ordre et contestataires. Le Premier ministre pointe des influences extérieures, alors que la rue réclame toujours son départ.

La soirée de vendredi a viré au choc dans les rues de Tirana. D’un côté, gaz lacrymogènes et canons à eau. De l’autre, pierres, poubelles incendiées et barricades montées à la va-vite. Les échauffourées se sont étirées tard dans la nuit, gagnant plusieurs quartiers de la capitale. Des groupes le visage masqué ont brisé des vitrines, pillé des commerces et tenté de forcer l’accès de bâtiments officiels. Quatrième jour consécutif de mobilisation.

Au cœur de la colère, une revendication claire et martelée. Le départ d’Edi Rama, aux commandes depuis treize ans. Mais aussi un ras-le-bol plus large sur les conditions d’enseignement et le prix des inscriptions à l’université. Des centaines de personnes se sont massées devant le ministère de l’Éducation, scandant des appels à la démission. Le mouvement essaime désormais hors de la capitale, avec des blocages d’universités menés par des étudiants et des débordements plus contenus ailleurs. Ledia, dix-huit ans, résume le sentiment ambiant. « Nous ne sommes pas des criminels. Nous voulons simplement une vie meilleure pour nos parents et pour nous-mêmes. Nous ne voulons pas quitter l’Albanie », confie-t-elle. Elle fustige aussi « l’indifférence et l’arrogance du gouvernement » qui, selon elle, ont envenimé la situation.

La contestation ne date pas de cette semaine. Depuis plus de quatre mois, des milliers de personnes défilent régulièrement contre le pouvoir. Le point de départ, un projet d’hôtel de luxe lié à Ivanka Trump et à son époux Jared Kushner. Devenu le symbole des soupçons de corruption et des inégalités qui traversent le pays. Depuis mardi, les heurts se répètent chaque jour à Tirana, les manifestants cherchant à forcer l’accès de plusieurs bâtiments officiels.

Le bilan s’alourdit. Le ministre de l’Intérieur Ervin Demo a annoncé 156 blessés, dont 97 policiers. Au moins 160 arrestations ont été recensées. Deux agents ont été suspendus pour recours excessif à la force. Demo a renvoyé les contestataires à leurs responsabilités. Selon lui, « nous avons bien plus de raisons de nous rassembler et de travailler pour le bien de notre pays que de nous affronter », avant de qualifier le mouvement de « tentative déguisée » de prise de pouvoir.

Edi Rama a choisi un autre angle. Il assure que la protestation n’a « absolument rien à voir avec les difficultés, les problèmes ou les aspirations légitimes » de ceux qui veulent une vie meilleure. Dans une vidéo postée sur sa page Facebook, il évoque « la même main » à l’œuvre, celle qui aurait « saisi l’opposition albanaise à la gorge » et « brûlé et détruit l’Albanie plus d’une fois ». Sans nommer personne, il dénonce des « mains étrangères » qui souffleraient sur les troubles et voudraient freiner la candidature albanaise à l’Union européenne. Celle-ci a de son côté condamné les violences et réclamé une enquête sur les accusations de force excessive. L’Albanie vise une adhésion en 2030.

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