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Gilets jaunes, lycéens, agriculteurs, une même journée de colère contre la vie chère

Plusieurs mouvements, des anciens gilets jaunes aux agriculteurs en passant par la jeunesse, se retrouvent ce samedi pour dénoncer la vie chère. À six…

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Gilets jaunes, lycéens, agriculteurs, une même journée de colère contre la vie chère

Plusieurs mouvements, des anciens gilets jaunes aux agriculteurs en passant par la jeunesse, se retrouvent ce samedi pour dénoncer la vie chère. À six mois de la présidentielle, les autorités peinent à prévoir l’ampleur des blocages à venir.

Des ronds-points aux centres-villes, la mobilisation rassemble des profils que tout semblait opposer. Anciens gilets jaunes, lycéens, étudiants, défenseurs du climat et agriculteurs ont choisi de descendre ensemble pour dénoncer la vie chère. Le site qui porte l’appel invite aussi les habitants des quartiers, les paysans, les ouvriers et les retraités à se retrouver dans la rue ou autour de points stratégiques. Un fil rouge traverse ce rassemblement, celui d’une jeunesse qui rappelle qu’elle n’a pas encore toutes les cartes en main. Sans droit de vote pour beaucoup, elle occupe l’espace public pour se faire entendre.

Quelque 1.500 actions, manifestations ou blocages sont annoncées partout en France. Au-delà des défilés en centre-ville et des rassemblements sur des ronds-points, symboles de la France périphérique, les organisateurs évoquent des barrages filtrants et des blocages possibles de gares, de ponts, de péages, de stations-service, de raffineries ou de dépôts pétroliers. De son côté, l’entourage du ministre de l’Intérieur parle d’environ 500 actions envisagées et de plus de 90 projets de manifestations. Une source policière table sur quelque 150.000 participants hors agglomération parisienne, et autour de 40.000 dans la capitale.

Face à ce calendrier, l’exécutif appelle au calme. Emmanuel Macron, depuis Bruxelles, a rappelé que le droit de manifester suppose le respect, sans insulte ni casse. Son entourage a prévenu que les blocages sur des axes structurants et des équipements essentiels ne seraient pas tolérés, et que des débordements sont anticipés dans les cortèges parisiens et ceux des grandes villes. Les grenades assourdissantes, dont l’usage avait été suspendu pour le mouvement lycéen après des incidents graves, pourront de nouveau servir face à des violences urbaines jugées extrêmes.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a convoqué une cellule interministérielle de crise. Le tracé du cortège parisien a lui-même fait l’objet d’âpres discussions. Les organisations étudiantes et lycéennes, qui réclament depuis plus d’une semaine à être reçues au sommet de l’État, voulaient marcher jusqu’aux lieux de pouvoir. Cela leur a été refusé. Le rendez-vous a finalement été fixé place de la République, en direction de la place de Clichy.

Ces derniers jours, le gouvernement a tenté d’éteindre plusieurs foyers de mécontentement. Une nouvelle rencontre avec les organisations lycéennes les a laissées sur leur faim. Une enveloppe de 500 à 700 millions d’euros a été débloquée pour le plan de relance agricole jusqu’en 2027, tandis que le spectre d’une mobilisation des agriculteurs ressurgissait. Les aides à l’achat de carburants ont, elles, été prolongées.

Côté politique, Jean-Luc Mélenchon a salué un moment où s’exprime l’exaspération aiguë de très nombreux secteurs de la société, tout en dénonçant une période de violences policières et de répression disproportionnées. Plusieurs députés LFI figureront dans les cortèges, aux côtés de la cheffe des Écologistes Marine Tondelier et du patron du Parti communiste Fabien Roussel. La CGT, de son côté, a appelé à soutenir les actions là où les conditions seront réunies, une intersyndicale ayant par ailleurs fixé au 5 novembre un rendez-vous pour les salariés du public et du privé, autour des salaires et des services publics.

Reste l’inconnue du nombre. Une figure des gilets jaunes, Jérôme Rodrigues, éborgné lors d’une manifestation, a prévenu qu’une seule journée ne réglerait rien et qu’il faudrait se faire entendre bien plus longtemps. Un cadre de LFI le résume sans détour. Cette journée, personne ne sait vraiment ce qu’elle va donner.

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