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Une élection partielle dans le nord de l’Angleterre pourrait sceller le sort du Premier ministre britannique

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Le scrutin législatif du 18 juin dans la circonscription de Makerfield, bastion historique du Labour, s’annonce décisif pour Keir Starmer, dont la direction est contestée par Andy Burnham, le populaire maire du Grand Manchester.

Dans cette ancienne cité minière du nord-ouest de l’Angleterre, une élection locale prend des allures de référendum national. Le 18 juin, les électeurs de Makerfield sont appelés aux urnes pour choisir leur député, mais l’enjeu dépasse largement les frontières de cette circonscription ouvrière. C’est l’avenir politique du Premier ministre Keir Starmer et de son parti travailliste qui se joue dans ce scrutin partiel.

Andy Burnham, figure de l’aile gauche du Labour, a officiellement lancé sa campagne vendredi. Sans jamais déclarer ouvertement vouloir évincer le chef du gouvernement, il a clairement indiqué que son élection serait un signal fort. « Un vote pour moi dans cette élection partielle est un vote pour changer le Labour », a-t-il déclaré devant ses partisans réunis sur le parking d’un club de sport. Selon lui, son succès permettrait de ramener le parti « résolument du côté des classes populaires ».

Mais sur le terrain, la défiance est palpable. De nombreux électeurs expriment leur lassitude envers les travaillistes. Mick Dean, menuisier de 44 ans, confie avoir « complètement perdu confiance dans le Labour ». Il annonce son intention de voter pour Reform UK, le parti anti-immigration de Nigel Farage, qui a remporté les élections locales du 7 mai en Grande-Bretagne. Ce sentiment de rejet semble partagé dans les rues résidentielles bordées de maisons mitoyennes en briques rouges, où les affiches de Reform et les drapeaux anglais sont bien plus visibles que les rares pancartes travaillistes.

Le contexte national pèse lourdement sur cette élection. Le Labour a subi des revers retentissants lors des récentes élections locales, perdant le pouvoir au Parlement gallois et reculant en Écosse. Ces résultats catastrophiques ont attisé la rébellion contre Keir Starmer, arrivé au pouvoir en juillet 2024 après une large victoire, mais devenu très impopulaire en raison de faux-pas politiques et de polémiques répétées.

L’élection partielle a été provoquée par la démission du député sortant, qui a justifié sa décision par la volonté de donner une chance à Andy Burnham de défier Starmer. Le retour de ce dernier au Parlement, où il a siégé entre 2001 et 2017, est toutefois loin d’être acquis. Le siège de Makerfield, détenu par le Labour depuis 1983, est considéré comme un bastion du « mur rouge », cette ceinture industrielle du nord de l’Angleterre historiquement fidèle aux travaillistes. Mais le vote pour Reform y a été massif lors des élections locales, ce qui fragilise les espoirs de Burnham.

Certains électeurs, comme Tom Hothersall, 22 ans, membre du Labour, assurent que le maire du Grand Manchester bénéficie d’une réelle popularité locale. « Beaucoup de gens l’adorent ici », affirme-t-il, soulignant les neuf années saluées de Burnham à la tête de la région. D’autres, en revanche, se montrent bien plus réservés. Michael Rowlands, retraité, estime que Burnham « se sert de nous ». « Une fois qu’il aura obtenu ce qu’il veut, c’est-à-dire le 10 Downing Street, on sera oubliés », lance-t-il, annonçant son intention de voter pour Reform.

Andy Burnham mise sur ses racines locales pour l’emporter. Né à Liverpool, il a déjà représenté une circonscription voisine et ne manque pas une occasion de mettre en avant son attachement à la région. Ses alliés affirment que s’il parvient à battre Reform ici, il prouvera qu’il est l’homme de la situation pour remplacer Keir Starmer. De son côté, le candidat de Reform, Robert Kenyon, élu local et plombier natif de Makerfield, met également en avant ses origines modestes. Mais sa campagne est entachée par d’anciens propos sexistes et homophobes tenus sur X, révélés par l’association antiraciste Hope Not Hate. Reform n’a pas répondu aux demandes d’enquête sur ces accusations.

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