Monde
Un nouveau départ pour le couple franco-allemand : Merz à Paris pour relancer l’Europe

À peine élu, le chancelier allemand Friedrich Merz a choisi la France pour sa première visite officielle, marquant sa volonté de redynamiser le moteur européen face aux défis géopolitiques.
La rencontre entre Emmanuel Macron et le nouveau dirigeant allemand, ce mercredi à l’Élysée, s’est voulue un symbole fort de renouveau. Les deux hommes ont affiché leur détermination à restaurer une coopération étroite, après des années de relations parfois tendues sous l’ère Scholz. Friedrich Merz, élu de justesse la veille, entend incarner un changement de cap pour Berlin, avec l’ambition de repositionner l’Allemagne comme pilier central de l’Union européenne.
Les discussions ont porté sur les dossiers brûlants du moment : la défense européenne, la réponse à l’agression russe en Ukraine, et les réformes économiques nécessaires pour renforcer la compétitivité du Vieux Continent. Le chancelier conservateur a surpris en exprimant son ouverture à un rapprochement stratégique avec la France et le Royaume-Uni sur la dissuasion nucléaire, une rupture notable avec la tradition atlantiste allemande. La question des livraisons d’armes à Kiev, notamment les missiles Taurus, a également été abordée, bien qu’avec prudence.
Cependant, des divergences persistent. L’Allemagne, malgré un assouplissement récent de sa rigueur budgétaire, reste réticente à l’idée des euro-obligations, chères à Paris. Sur le plan commercial, Berlin continue de plaider pour des accords de libre-échange, à l’inverse d’une France soucieuse de protéger son agriculture.
La visite de Friedrich Merz s’inscrit dans une tournée européenne express, avec des escales à Varsovie et Bruxelles. Le « Triangle de Weimar », qui associe la France, l’Allemagne et la Pologne, pourrait connaître un regain d’activité. Mais les relations germano-polonaises restent fragiles, en raison des demandes de réparations liées à la Seconde Guerre mondiale, un sujet ultrasensible à l’approche de l’élection présidentielle polonaise.
Si l’enthousiasme est palpable côté français, certains observateurs pointent la fragilité de la coalition allemande, susceptible de compliquer la mise en œuvre des ambitions affichées. Reste que ce face-à-face marque une volonté commune de réactiver le moteur franco-allemand, indispensable pour une Europe confrontée à des temps incertains.

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