Faits Divers
Un médecin condamné à douze années de réclusion pour agressions sexuelles sur mineurs


La justice a rendu son verdict dans une affaire médicale aux dimensions glaçantes. Un praticien de Montpellier écope d’une lourde peine pour des viols et agressions commis sur treize jeunes patients, certains en situation de handicap.
Un médecin de cinquante-quatre ans a été condamné à douze ans d’emprisonnement par la cour criminelle de l’Hérault. Les faits concernent des viols et agressions sexuelles perpétrés sur treize adolescents, dont plusieurs présentaient des troubles du spectre autistique. Le tribunal a également prononcé une interdiction définitive d’exercer la médecine, une inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles et une interdiction de séjour de dix ans dans le département.
Lors des débats, le magistrat du parquet avait dénoncé des actes dénués de toute justification médicale, qualifiant les gestes du praticien de « attouchements » et de « masturbations » constitutifs de viols. Il avait requis une peine de quinze années de réclusion, soulignant que l’accusé s’était abrité derrière son statut professionnel pour commettre ces agressions.
À la barre, le médecin a exprimé ses regrets, affirmant éprouver de la « honte » et reconnaissant avoir « oublié les valeurs mêmes de la médecine ». Il a déclaré que sa carrière était « terminée », assumant s’être « complètement aveuglé ».
Plusieurs victimes ont décrit des séances de consultation d’une extrême violence. Un jeune homme, aujourd’hui âgé de vingt-et-un ans, a relaté trente-sept rendez-vous sur trois ans, durant lesquels le médecin appliquait des pommades, procédait à des masturbations et utilisait des objets de pénétration. Le témoin a qualifié ces actes d’« immonde et aberrant », précisant avoir placé sa confiance en celui qui le raccompagnait parfois à son domicile.
Le praticien, diplômé en 2000, avait orienté son activité vers la santé sexuelle des adolescents après une carrière en gériatrie. Il se présentait comme « andrologue pédiatrique », une spécialité inexistante en France. Il intervenait également comme conférencier auprès d’associations accompagnant des enfants autistes ou handicapés, gagnant ainsi la confiance des familles.
L’enquête a établi que, lors de consultations organisées à son cabinet, à son domicile ou même dans son véhicule, le médecin mesurait systématiquement les organes génitaux des adolescents, les contraignait à se masturber en sa présence ou pratiquait lui-même ces actes, recueillant parfois le sperme. Les expertises ont confirmé que ces gestes n’avaient aucun fondement médical, y compris pour des patients majeurs.
L’affaire a éclaté suite à des signalements de parents en octobre 2021, mettant fin à des années d’emprise sur des adolescents vulnérables.





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