Monde
L’Est congolais subit le fléau des frappes aériennes sur les populations civiles
Dans les provinces orientales de la République démocratique du Congo, les habitants paient un lourd tribut à l’escalade des attaques par drones, une menace qui s’abat désormais bien au-delà des lignes de front.
Depuis plus de trois décennies, l’Est de la République démocratique du Congo est le théâtre de violences chroniques. L’année 2025 a marqué une escalade significative avec la prise des grandes agglomérations de Goma et Bukavu par le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda, face à des forces gouvernementales débordées. Les pourparlers de paix, pourtant entérinés en décembre sous l’égide de Washington, n’ont pas suffi à enrayer les hostilités.
Les drones sont devenus un instrument central de ce conflit. L’armée congolaise, longtemps en difficulté sur le terrain, a acquis des appareils turcs et chinois pour pilonner les positions rebelles. De son côté, le M23 utilise également ces engins, ciblant notamment l’aéroport de Kisangani, point de départ des appareils militaires de Kinshasa. Cette guerre technologique a des conséquences directes sur les populations civiles, frappées parfois loin des zones de combat.
La semaine dernière, une frappe de drone a blessé au moins vingt-cinq personnes à Mushaki, une localité agricole située à une quarantaine de kilomètres de Goma, en territoire contrôlé par le M23. Selon des sources humanitaires, l’attaque a visé un marché. Les victimes ont été transportées à l’hôpital Ndosho de Goma, une structure soutenue par le Comité international de la Croix-Rouge. Parmi les blessés se trouve une fillette de deux ans.
Les témoignages recueillis auprès des sinistrés décrivent une scène de chaos. Jean-Claude Tusenge, père de six enfants, raconte d’une voix faible être revenu de son champ pour se rendre au marché lorsqu’il a entendu une explosion. Il s’est évanoui, touché au ventre. Germaine, vingt et un ans, blessée à la cuisse, se souvient de la détonation et de la fuite générale. Elle confie aujourd’hui redouter de retourner au marché, hantée par la crainte qu’un drone ne surgisse à nouveau.
Le docteur Amadou Soumah Sékou, chirurgien à l’hôpital Ndosho, décrit des patients présentant des plaies abdominales, thoraciques, ainsi que des blessures au cou, à la tête et aux membres. Espérance Amani, la trentaine, raconte avoir entendu l’explosion d’une bombe et, en se retournant, avoir vu sa fille de deux ans blessée. Les médecins n’ont pas encore réussi à extraire les éclats logés dans le corps de l’enfant.
La Mission des Nations unies en RDC a condamné une vague d’attaques meurtrières visant des civils dans les provinces orientales, évoquant notamment la frappe de Mushaki. Les États-Unis ont également dénoncé cet acte sans en identifier les auteurs. Le M23 accuse régulièrement Kinshasa de mener des frappes contre les civils, mais ces allégations n’ont pu être vérifiées de manière indépendante. Le groupe armé, désigné par l’ONU comme le principal responsable de violations des droits humains dans la région, a par ailleurs réduit au silence les voix dissidentes dans les zones qu’il contrôle. En février, son porte-parole et figure emblématique Willy Ngoma avait été tué dans une attaque de drone près de la mine de Rubaya. Début mars, une employée humanitaire française de l’Unicef avait également péri dans une frappe non revendiquée en plein cœur de Goma.
-
NewsEn Ligne 6 joursUn avion de voltige s’écrase à Clermont-Ferrand, le pilote décède sur le coup
-
Faits DiversEn Ligne 5 joursSaut périlleux pour une enfant de 9 ans à Châtellerault
-
Faits DiversEn Ligne 7 joursUne chute fatale depuis une grue de 60 mètres à Rennes
-
NewsEn Ligne 5 joursEnquête à Nice : le couple Estrosi visé par des soupçons d’usage abusif de moyens municipaux
-
SportsEn Ligne 4 joursLa double peine pour Julia Simon : son contrat avec les Douanes suspendu après sa condamnation
-
NewsEn Ligne 5 joursBouaye sous un manteau de grêle en plein printemps
-
MondeEn Ligne 5 joursUn ornithologue néerlandais, première victime identifiée du hantavirus à bord du MV Hondius
-
SociétéEn Ligne 2 joursHantavirus : les scientifiques face au défi de la communication sans raviver les traumatismes du Covid