Monde
Un an après le déluge, Valence exige des comptes

Des milliers de personnes ont défilé dans les rues de la cité méditerranéenne pour commémorer les victimes des intempéries de 2024 et dénoncer les carences des autorités régionales.
Sous un ciel sans nuages, une marée humaine a envahi le centre-ville de Valence ce samedi, portant haut les exigences de justice et de responsabilité. Les manifestants, rassemblés à l’occasion du premier anniversaire des précipitations exceptionnelles qui avaient causé la disparition de 229 personnes, ont marché jusqu’au siège du gouvernement régional. De nombreuses familles affectées par la catastrophe arboraient des photographies de leurs projets disparus, transformant le cortège en un poignant hommage collectif.
La colère demeure vive parmi les participants, qui reprochent aux instances dirigeantes leur gestion des alertes météorologiques et des opérations de secours. Des pancartes dénonçant « l’inaction criminelle » des responsables régionaux étaient brandies, tandis que les slogans réclamaient la démission du président Carlos Mazón. Une fonctionnaire présente dans le défilé s’interrogeait sur l’absence de mesures d’évacuation préventives, qualifiant cette carence d’incompréhensible au regard de la violence des intempéries.
Le drame survenu en octobre 2024 reste gravé dans les mémoires, avec ses paysages dévastés par des coulées de boue emportant véhicules et infrastructures. La région valencienne, frappée par le pire épisode climatique de ces dernières décennies en Espagne, compte près de quatre-vingt localités touchées. La polémique sur les responsabilités institutionnelles n’a cessé de s’amplifier depuis, opposant le gouvernement central de gauche et l’exécutif régional de droite dans un contexte de compétences partagées.
Les critiques se concentrent particulièrement sur le calendrier des alertes, jugé tardif par les associations de victimes. La présidente de l’une d’elles, qui a perdu son père lors des inondations, a déploré une forme de faillite des autorités, soulignant que chaque minute aurait pu sauver des vies. Les récentes révélations de la presse sur l’emploi du temps du président Mazón ce jour-là – évoquant un déjeuner prolongé malgré l’aggravation des conditions météorologiques – ont encore attisé l’indignation.
Un sondage publié début octobre indique que plus de sept habitants sur dix dans la région estiment que le président régional devrait quitter ses fonctions. Pourtant, le soutien dont il bénéficie au sein de son parti semble le protéger d’une démission qui entraînerait des élections anticipées, scénario redouté par la droite selon des analystes politiques. Les hommages officiels aux victimes doivent être rendus mercredi en présence du Premier ministre et du monarque espagnol, lors d’une cérémonie d’envergure nationale.

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