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Trump somme Téhéran d’accélérer les négociations sous peine de représailles

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Le président américain exige une issue rapide aux pourparlers avec l’Iran, alors que l’économie iranienne s’effondre et que les tensions militaires persistent au Moyen-Orient.

Donald Trump a lancé un ultimatum sans équivoque aux dirigeants iraniens, les enjoignant de faire preuve de lucidité et de célérité dans les discussions bilatérales. Sur son réseau social Truth, le locataire de la Maison-Blanche a prévenu que les Iraniens devaient adopter une attitude intelligente et rapide, alors que les négociations destinées à mettre un terme au conflit régional piétinent. Ce conflit, déclenché fin février par une offensive israélo-américaine contre Téhéran, a déjà causé des milliers de victimes, principalement en Iran et au Liban, et continue de perturber l’économie mondiale.

La situation économique iranienne se dégrade de manière spectaculaire. La monnaie nationale, le rial, a atteint mercredi son niveau le plus bas face au dollar depuis la révolution islamique de 1979, selon des sites spécialisés dans le suivi des changes. Dans les rues de Téhéran, le fatalisme gagne les habitants. Un architecte de 52 ans, joint par téléphone, confie que l’idée de revivre la guerre est terrifiante, mais qu’aucun espoir ne subsiste quant à l’issue des pourparlers. Il déplore que les négociations portent toujours sur le nucléaire sans jamais aborder les préoccupations quotidiennes des Iraniens, comme l’économie ou la liberté.

Si une trêve a été instaurée le 8 avril, les deux camps peinent à s’entendre sur la tenue de nouvelles discussions au Pakistan, pays médiateur, après une première session infructueuse le 11 avril. Dans son message, Donald Trump a accompagné sa menace d’un photomontage le montrant armé d’un fusil d’assaut dans un décor guerrier, avec la légende suivante : plus de jeu de gentils. Les États-Unis se montrent également sceptiques face à une nouvelle proposition iranienne visant à débloquer le détroit d’Ormuz, passage maritime stratégique pour le commerce pétrolier et gazier. L’Iran verrouille cette voie depuis le début du conflit, tandis que Washington impose un blocus aux ports iraniens.

Selon des informations relayées par l’agence officielle iranienne Irna, Téhéran proposerait de rouvrir le détroit et de mettre fin à la guerre, en repoussant à une date ultérieure les discussions sur le programme nucléaire. Mais ce sujet demeure central pour les États-Unis et Israël, qui accusent la République islamique de chercher à se doter de l’arme atomique, une allégation que Téhéran dément formellement. Le Wall Street Journal rapporte que Donald Trump a demandé à ses responsables de la sécurité nationale de se préparer à un blocus prolongé des ports iraniens afin de contraindre Téhéran à abandonner son programme nucléaire. Le président américain estime pouvoir imposer une suspension de l’enrichissement d’uranium pendant vingt ans, suivie de restrictions strictes.

L’Iran réaffirme régulièrement son droit inaliénable au nucléaire civil, tout en jugeant négociable le taux d’enrichissement. Des responsables américains cités par le Wall Street Journal indiquent que Donald Trump considère que le blocus des infrastructures portuaires iraniennes permet de maintenir la pression sur l’économie et les exportations pétrolières de Téhéran. Le président américain aurait estimé que ses autres options, qu’il s’agisse de reprendre les bombardements ou de se retirer du conflit, comportaient davantage de risques que le maintien du blocus. De son côté, Téhéran a appelé Washington à renoncer à ses exigences irrationnelles, affirmant que les États-Unis ne sont plus en position de dicter leur politique à des nations indépendantes.

Par ailleurs, le Haut-Commissariat des droits de l’homme de l’ONU a affirmé mercredi que vingt et une personnes avaient été exécutées et plus de quatre mille autres interpellées pour des motifs politiques ou liés à la sécurité nationale depuis le début du conflit. L’Iran n’a pas réagi dans l’immédiat à ces allégations. Sur le front libanais, Israël, qui combat le mouvement pro-iranien Hezbollah, a mené une nouvelle frappe dans le sud du pays, tuant deux personnes dont un militaire, selon l’armée libanaise. Chaque camp accuse l’autre de violer la trêve entrée en vigueur le 17 avril.

Aux États-Unis, le ministre de la Défense Pete Hegseth doit s’expliquer mercredi sur la conduite de la guerre en Iran lors de sa première audition parlementaire depuis le début du conflit. Depuis fin février, des parlementaires démocrates et républicains ont critiqué l’exécutif américain pour le manque d’informations fournies.

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