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Économie

TotalEnergies engrange 5,8 milliards de dollars de bénéfices, porté par la flambée des hydrocarbures

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Le géant pétrogazier français a vu son bénéfice net trimestriel bondir de 51% sur un an, profitant de la hausse des prix du pétrole et du gaz liée au conflit au Proche-Orient.

TotalEnergies a dévoilé mercredi des résultats financiers en forte progression pour le premier trimestre, tirés par l’envolée des cours des hydrocarbures dans le sillage du conflit au Proche-Orient. Le bénéfice net du groupe s’élève à 5,8 milliards de dollars, soit 4,96 milliards d’euros, une performance en hausse de 51% par rapport à la même période l’an dernier. Son PDG, Patrick Pouyanné, a salué dans un communiqué la capacité de l’entreprise à tirer parti de la hausse des prix.

Cette performance dépasse celle enregistrée au début de l’année 2022, après le déclenchement de la guerre en Ukraine. Elle a immédiatement suscité des critiques de la part d’organisations environnementales. Antoine Bouhey, coordinateur de campagne chez Reclaim Finance, a estimé que ces profits mettaient en lumière la dépendance persistante aux énergies fossiles, dont la flambée des prix profite aux actionnaires au détriment des consommateurs. Greenpeace France a de son côté dénoncé une logique cynique alors que les ménages subissent des prix élevés à la pompe.

Malgré le conflit au Proche-Orient qui a perturbé une partie de ses activités dans le Golfe, le groupe a réussi à stabiliser sa production. Cette stabilité repose sur le démarrage et la montée en puissance de nouveaux projets au Brésil et en Libye, où il extrait des barils très rentables valorisés à des cours élevés. Hors impact de la zone moyen-orientale, sa production a augmenté de 4%. La guerre, déclenchée fin février par l’offensive américano-israélienne contre l’Iran, a provoqué le blocage du détroit d’Ormuz par Téhéran, un corridor stratégique qui voit transiter environ 20% du pétrole et du gaz mondiaux. Cette situation a entraîné une chute brutale de l’approvisionnement et une forte volatilité des prix.

Dans le détail, TotalEnergies a bénéficié d’une hausse de 12% de sa production de gaz naturel liquéfié, principalement en Australie et en Malaisie, tandis que la production de gaz au Proche-Orient reste fortement perturbée. Ses unités de raffinage ont fonctionné à plein régime, avec un taux d’utilisation supérieur à 90%, capturant des marges exceptionnelles en mars lorsque les cours des produits raffinés ont flambé. La volatilité des marchés a également profité aux activités de négoce du groupe. Les traders ont tiré parti des fluctuations dans le commerce de GNL et ont réalisé une très forte performance dans le négoce pétrolier.

Début avril, le Financial Times avait révélé que TotalEnergies avait généré plus d’un milliard de dollars de gains en achetant la quasi-totalité des cargaisons de pétrole exportables au Proche-Orient sans passer par le détroit d’Ormuz. L’entreprise n’a pas démenti cette information, se contentant d’indiquer qu’elle devait sécuriser ses approvisionnements. Elle pourra désormais compter sur le redémarrage partiel de la raffinerie Satorp en Arabie saoudite, interrompue après des frappes en début de mois.

Fort de ces résultats, le groupe a décidé d’augmenter son dividende de 5,9%, à 0,90 euro contre 0,85 euro auparavant, une hausse présentée comme la plus forte croissance de dividende parmi les majors pétrolières. Mardi, la compagnie britannique BP avait ouvert la saison des résultats en affichant un bénéfice net trimestriel en forte hausse à 3,8 milliards de dollars, porté par son activité de négoce pétrolier.

Ce contexte de flambée des prix a relancé le débat politique en Europe sur la taxation des superprofits pétroliers. Le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, a déclaré début avril ne pas avoir d’objection de principe à une telle mesure. Il faisait référence à une initiative portée par plusieurs pays européens, dont l’Espagne, l’Autriche, l’Allemagne, l’Italie et le Portugal, qui appellent à taxer les bénéfices exceptionnels du secteur énergétique liés au conflit au Proche-Orient, comme cela avait été fait en 2022 après l’invasion de l’Ukraine.

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