Société
Personnalités de l’IA dans le viseur d’une violence inspirée par la peur et la colère
Des figures majeures de l’intelligence artificielle subissent une escalade d’actes violents, reflet d’angoisses existentielles et d’un ressentiment envers les puissants, un phénomène que les critiques du secteur condamnent.
Un engin incendiaire a été lancé contre la résidence du dirigeant d’OpenAI, Sam Altman. Peu après, treize impacts de balles ont été découverts sur la porte d’un élu local d’Indianapolis, Ron Gibson, qui soutenait un projet de centre de données. Ces incidents se sont produits dans un intervalle rapproché, au cours duquel des coups de feu ont également été tirés devant le domicile de Sam Altman, sans que l’on sache avec certitude s’il était personnellement visé.
L’auteur présumé de l’attaque à l’engin incendiaire a laissé un écrit expliquant son geste par la menace d’une « extinction imminente » que l’IA ferait peser sur l’humanité, exhortant Sam Altman à se « racheter » s’il survivait. Nirit Weiss-Blatt, spécialiste de l’hostilité envers le secteur technologique, rappelle que l’inquiétude suscitée par les innovations n’a rien de nouveau, mais que l’intensité actuelle semble inédite. Elle souligne le fossé entre les préoccupations légitimes liées à l’IA, comme les pertes d’emplois ou l’impact environnemental, et la « bulle catastrophiste » dans laquelle évoluait le suspect, Daniel Moreno-Gama. Cette vision du monde est nourrie par des ouvrages alarmistes, tel celui des chercheurs Eliezer Yudkowsky et Nate Soares.
Aucun lien direct n’a été établi entre les différents suspects, qui n’appartiennent à aucune organisation connue. Pourtant, Mauro Lubrano, professeur à l’université de Bath et auteur d’un ouvrage sur l’extrémisme anti-technologique, estime qu’il serait erroné de les qualifier de « loups solitaires ». Selon lui, ils s’inscrivent dans un « écosystème numérique » commun, à l’image des dégradations de véhicules et de concessions Tesla survenues en 2025, sans coordination mais dans un contexte de radicalisation visant Elon Musk.
Les responsables de la sécurité des entreprises technologiques constatent une nette augmentation des demandes de protection physique pour leurs dirigeants. Rory Moran, cadre chez USI, observe que les grandes sociétés d’IA sont constamment sous les projecteurs, ce qui accroît les risques de passages à l’acte. À cette tension s’ajoute un regain de défiance envers les patrons, phénomène amplifié par l’affaire Luigi Mangione. Suspecté d’avoir abattu Brian Thompson, le directeur général d’UnitedHealthcare, Mangione a été élevé au rang d’antihéros par une partie de l’opinion, notamment parmi les jeunes, qui voient en lui une figure de justicier contre les excès du capitalisme. Après l’attaque contre Sam Altman, de nombreux internautes ont partagé l’image de Mangione auréolé, et sur TikTok, plusieurs ont minimisé l’agression, voire en ont attribué la responsabilité aux entrepreneurs de l’IA et à leur discours jugé anxiogène.
Les organisations qui militent pour un encadrement strict de l’IA redoutent d’être associées à cette violence, qu’elles condamnent fermement. Dean Ball, ancien conseiller de Donald Trump sur l’IA, a estimé sur X que la rhétorique des mouvements prônant une pause ou un arrêt du développement de l’IA échappait à tout contrôle, et que ce discours avait toujours eu le potentiel de susciter des actes violents. Avant son geste, Daniel Moreno-Gama s’était connecté au serveur Discord de Stop AI pour demander s’il pouvait évoquer la violence. Valerie Sizemore, coresponsable de l’organisation, précise que les modérateurs lui ont expliqué qu’une telle discussion entraînerait son exclusion, après quoi il n’est plus réapparu. Elle insiste sur le fait que la violence ne résout rien et appelle à des actions non violentes, comme des manifestations ou des créations artistiques, pour se faire entendre. Pause AI milite pour un moratoire sur le développement de l’IA et des accords internationaux de régulation, tandis que Stop AI cherche à sensibiliser les législateurs et promeut la mise en place de comités citoyens de supervision. Valerie Sizemore espère que cette période difficile pourra déboucher sur un temps d’écoute et de dialogue nécessaire.
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