Nous rejoindre sur les réseaux

Monde

Trump ouvre une brèche pour Moscou et laisse Kiev en plein doute

En exemptant la Russie des sanctions prévues par le Graham Act, Donald Trump affaiblit un texte très symbolique pour l’Ukraine. Volodymyr Zelensky, qui se…

Article

le

Trump ouvre une brèche pour Moscou et laisse Kiev en plein doute

En exemptant la Russie des sanctions prévues par le Graham Act, Donald Trump affaiblit un texte très symbolique pour l’Ukraine. Volodymyr Zelensky, qui se sent trahi, se tourne vers l’Europe et réclame une rallonge de 70 milliards de dollars.

Donald Trump a exempté la Russie de l’application des sanctions, restrictions et droits de douane prévus par le Graham Act. Un décret invoque l’intérêt national des États-Unis. Pour Kiev, le signal est lourd. Ce texte, promulgué par le républicain, devait frapper le secteur énergétique russe. Il cible pour la première fois la flotte fantôme, Vladimir Poutine et plusieurs hauts responsables russes. Il donne aussi au président américain le pouvoir d’imposer des droits de douane pouvant atteindre 100 % sur les cinq principaux pays importateurs de gaz et de pétrole russes, dont la Chine et l’Inde. Le Congrès avait adopté là son premier geste important contre Moscou depuis le retour de Trump au pouvoir.

Volodymyr Zelensky n’a pas masqué son sentiment d’être trahi. Il s’est tourné vers les alliés européens et leur a réclamé 70 milliards de dollars de plus pour faire face à l’invasion russe. Devant les dirigeants de l’Union européenne réunis à Bruxelles, il a évalué le coût de la guerre à 155 milliards d’euros et estimé qu’il manquait au moins 70 milliards d’euros de la part des Européens. Ceux-ci lui ont assuré leur soutien. Ils savent aussi qu’il faudra remettre la main au portefeuille, un sujet politiquement délicat dans plusieurs pays, dont la France.

Emmanuel Macron a jugé trop tôt pour avancer un chiffre. Il a répété que les Européens ne lâcheraient pas Kiev. Les relations entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky se sont pourtant tendues. Le président américain a annoncé un accord avec Vladimir Poutine pour lever des sanctions et permettre aux États-Unis d’importer de grandes quantités de diesel russe. Kiev a aussi regretté de ne pas avoir été prévenu d’attaques russes imminentes et fait état de restrictions dans l’usage des services satellitaires de SpaceX. L’Ukraine dépend du renseignement militaire occidental, notamment américain, pour anticiper les frappes, alors qu’elle manque de missiles intercepteurs.

Le texte porte le nom de Lindsey Graham, son principal promoteur, un sénateur républicain qui défendait ardemment l’Ukraine et critiquait la Russie comme l’Iran. Volodymyr Zelensky l’avait salué comme un outil capable de pousser Moscou à faire la paix. Sur le terrain, l’Ukraine subit une intensification des bombardements russes. Un mort au moins est à déplorer à Kherson. Le pays redoute un hiver difficile. Son armée multiplie les frappes de longue portée, et les autorités russes affirment avoir abattu des dizaines de drones se dirigeant vers Moscou.

Donald Trump, sous pression sur les prix de l’énergie avant les élections de mi-mandat, s’agace des frappes ukrainiennes contre les raffineries russes, qui ont repris après une pause. Volodymyr Zelensky évite la critique directe. Il indique que son équipe discute avec les négociateurs américains et qu’une rencontre pourrait avoir lieu.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus