Monde
Tensions frontalières entre le Cambodge et la Thaïlande, les frappes aériennes succèdent aux pourparlers

_**Alors que les deux pays venaient d’accepter un dialogue direct, des bombardements ont été signalés lundi, illustrant la fragilité des efforts de désescalade dans cette zone disputée.**_
Le gouvernement cambodgien a fait état, ce lundi, de frappes aériennes thaïlandaises sur son territoire. Ces allégations interviennent peu après l’annonce par Bangkok et Phnom Penh de leur intention d’engager des discussions bilatérales afin de résoudre le différend frontalier qui les oppose. La réunion, prévue mercredi dans le sud de la Thaïlande, doit se tenir dans le cadre d’un comité frontalier existant.
Selon le ministère cambodgien de la Défense, des avions de chasse thaïlandais ont ciblé des zones dans les provinces de Siem Reap et de Preah Vihear. La province de Siem Reap abrite le site archéologique d’Angkor, classé au patrimoine mondial, bien que les frappes rapportées se soient produites à une distance significative du complexe principal. En réponse, l’armée thaïlandaise a affirmé avoir mené des opérations aériennes contre des positions militaires cambodgiennes, en représailles à des tirs de roquettes sur son sol.
Ces échanges de feu surviennent dans un contexte où le conflit a déjà provoqué d’importantes pertes humaines et des déplacements de population. Les affrontements, qui ont repris début décembre, ont entraîné, selon les derniers bilans officiels, la mort d’au moins quarante-trois personnes et le déplacement d’environ neuf cent mille civils des deux côtés de la frontière.
Malgré la violence des derniers jours, Phnom Penh a exprimé un certain optimisme quant à la volonté thaïlandaise de respecter un cessez-le-feu, se conformant ainsi aux objectifs de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est. Toutefois, le chef de la diplomatie thaïlandaise a tempéré les attentes, indiquant que la rencontre de mercredi ne déboucherait probablement pas sur une trêve immédiate. Il a rappelé que son pays conditionnait un arrêt des hostilités à un engagement plus ferme du Cambodge dans le déminage des zones frontalières.
Les efforts diplomatiques se sont intensifiés ces derniers jours. Une réunion spéciale de l’Asean s’est tenue lundi à Kuala Lumpur, à l’initiative de la Malaisie, qui assure actuellement la présidence tournante de l’organisation. Cette session faisait suite à une déclaration de trêve signée fin octobre sous les auspices des États-Unis, mais dont l’application avait été rapidement suspendue. L’envoyé spécial chinois pour les affaires asiatiques s’est également rendu successivement au Cambodge et en Thaïlande la semaine dernière, affirmant le souhait de Pékin de voir la stabilité rétablie.
Le différend trouve son origine dans un tracé frontalier hérité de l’époque coloniale. Un premier épisode de violences en juillet dernier avait déjà causé des dizaines de morts et contraint des centaines de milliers de personnes à fuir. Outre les frappes aériennes, Phnom Penh accuse Bangkok d’avoir procédé à des tirs d’artillerie. Un ressortissant chinois, employé d’une société minière, aurait été blessé lors de ces incidents, selon les autorités cambodgiennes.

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