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Économie

Starship version XXL : SpaceX teste sa fusée géante avant l’entrée en Bourse

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L’entreprise aérospatiale d’Elon Musk procède jeudi au lancement de la dernière mouture de son lanceur lourd, à la veille d’une introduction en Bourse très attendue.

La fusée Starship, haute de 124 mètres, doit s’élancer depuis le sud du Texas à 17h30 locales, soit 22h30 GMT. Ce vol d’essai, le douzième pour le lanceur, intervient sept mois après le précédent. Le modèle actuel, légèrement plus grand que son prédécesseur, doit permettre à SpaceX de démontrer les évolutions techniques apportées à l’engin. Cette démonstration intervient au lendemain du dépôt public du dossier d’introduction en Bourse de la société.

Contrairement à certaines missions précédentes, SpaceX n’a pas prévu de récupérer le propulseur du premier étage. Celui-ci doit s’abîmer dans le Golfe du Mexique. L’étage supérieur, quant à lui, aura pour objectif de déployer une vingtaine de satellites factices, ainsi que deux satellites Starlink équipés de caméras, chargés d’évaluer l’efficacité du bouclier thermique. La mission test devrait durer environ 65 minutes après le décollage, l’étage supérieur suivant une trajectoire suborbitale avant d’amerrir dans l’océan Indien.

Les récentes missions de Starship se sont déroulées sans accroc, mais plusieurs vols précédents s’étaient soldés par des échecs spectaculaires, dont deux au-dessus des Caraïbes et un après avoir atteint l’espace. En juin dernier, l’étage supérieur avait explosé lors d’un essai au sol.

Ce lancement revêt une importance stratégique pour SpaceX. Elon Musk prépare l’entrée en Bourse de son entreprise, annoncée pour la mi-juin, tandis qu’une version modifiée de Starship doit servir d’alunisseur pour la Nasa. L’agence spatiale américaine prévoit d’envoyer des astronautes sur la Lune en 2028, avant la Chine, qui ambitionne d’y parvenir d’ici 2030. Cependant, les retards accumulés par le secteur privé suscitent des inquiétudes croissantes au sein de l’administration Trump quant à la capacité des États-Unis à devancer leur rivale.

Pour le physicien Scott Hubbard, ancien directeur d’un centre de recherche de la Nasa, les enjeux de ce vol sont considérables. Il estime que le gouvernement a fait le choix de s’appuyer sur des acteurs privés pour ramener des humains sur la Lune, et que ces derniers doivent désormais être à la hauteur des attentes. L’analyste Antoine Grenier, responsable du secteur spatial chez Analysys Mason, juge que si le lancement se déroule sans incident, cela ouvrira la voie à de nouvelles infrastructures et à de nouveaux contrats pour l’exploration lunaire.

Outre SpaceX, son concurrent Blue Origin, détenu par Jeff Bezos, cherche également à développer un alunisseur. Les deux entreprises ont recentré leur stratégie sur les missions lunaires. La Nasa prévoit une mission en 2027 qui ne s’aventurera pas jusqu’à la Lune, avant l’envoi d’astronautes sur la surface lunaire en 2028, dans le cadre de la quatrième mission Artémis. Mais les experts du secteur doutent de la capacité des deux sociétés à respecter ces échéances. L’un des principaux défis techniques reste la démonstration du ravitaillement en propergol en orbite, une étape indispensable pour alimenter les moteurs d’une fusée lors de missions longue durée, mais qui n’a jamais été testée.

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