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Sarkozy face à la justice : l’accusation réclame la confirmation de sa condamnation pour association de malfaiteurs


Au second procès en appel de l’affaire libyenne, le parquet général a requis lundi la confirmation de la peine prononcée en première instance contre l’ancien président de la République, le présentant comme l’instigateur d’un vaste système de financement occulte.
Les réquisitions ont débuté devant la cour d’appel de Paris par une lourde charge contre Nicolas Sarkozy. L’accusation a estimé que l’ancien chef de l’État, aujourd’hui âgé de soixante et onze ans, devait être reconnu coupable d’association de malfaiteurs pour avoir orchestré des contacts avec le régime libyen de Mouammar Kadhafi. Selon le ministère public, ces échanges visaient à obtenir des fonds illicites pour financer sa campagne présidentielle de 2007.
Le parquet général a insisté sur le rôle central de Nicolas Sarkozy dans ce dossier. Il aurait été à l’origine de deux rencontres secrètes tenues en Libye à la fin de l’année 2005, impliquant ses proches collaborateurs Claude Guéant et Brice Hortefeux. Ces derniers avaient alors rencontré Abdallah Senoussi, un haut dignitaire libyen, condamné par contumace en France pour son rôle dans l’attentat du vol UTA contre lequel cent soixante-dix personnes avaient péri en 1989.
L’avocat général Damien Brunet a souligné que sans l’impulsion de Nicolas Sarkozy, ces échanges et les transferts d’argent qui ont suivi n’auraient eu aucune raison d’être. Il a qualifié cette affaire d’atteinte à la confiance publique d’une gravité inédite pour la République. Les débats ont été suspendus en début de soirée, l’accusation devant aborder mardi les autres chefs d’accusation, notamment la corruption et le financement illégal de campagne électorale. Les peines seront réclamées mercredi.
Outre Nicolas Sarkozy, les réquisitions pour association de malfaiteurs ont également visé Claude Guéant, Brice Hortefeux, Thierry Gaubert, l’intermédiaire Alexandre Djouhri et l’ancien responsable libyen Béchir Saleh. L’ancien président a toujours nié les faits, affirmant qu’aucune somme d’argent libyen n’avait alimenté sa campagne.
Dans son introduction, l’avocat général Rodolphe Juy-Birmann a évoqué un sentiment d’amertume face à cette affaire qui, selon lui, a fragilisé le pacte social et nourri la défiance des citoyens envers les institutions. Il a dénoncé des relations malsaines au sommet de l’État. En première instance, le parquet avait requis une peine de cinq ans de prison ferme pour corruption et financement illégal de campagne, mais Nicolas Sarkozy avait été condamné uniquement pour association de malfaiteurs. Durant cette journée d’audience, l’ancien président est resté silencieux et n’a pas regardé les magistrats.





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