Monde
Pékin resserre l’étau sur Tokyo en visant vingt nouvelles entreprises nippones
La Chine a placé vingt entités japonaises supplémentaires sur sa liste des exportations interdites, une escalade dans la bataille économique qui oppose…


La Chine a placé vingt entités japonaises supplémentaires sur sa liste des exportations interdites, une escalade dans la bataille économique qui oppose les deux voisins. Au cœur du conflit la volonté japonaise de renforcer son armée et la question de Taïwan.
La guerre commerciale entre la Chine et le Japon prend un nouveau tour. Pékin a annoncé l’ajout de vingt sociétés et instituts nippons à sa « liste noire » des exportations. Concrètement ces entités n’auront plus accès à des biens chinois à double usage, c’est-à-dire pouvant servir aussi bien dans le civil que dans le militaire. Le ministère chinois du Commerce justifie cette décision par la participation de ces entreprises au renforcement des capacités militaires du Japon. Il invoque la sécurité nationale et les obligations internationales de non-prolifération.
Tokyo ne cache pas sa colère. Le porte-parole du gouvernement japonais, Minoru Kihara, a qualifié la mesure d’ »inacceptable et profondément regrettable ». Il a annoncé une « vive protestation » et promis d’examiner toutes les implications pour prendre les dispositions nécessaires. Les tensions entre les deux pays ont explosé après que la Première ministre japonaise Sanae Takaichi a évoqué en novembre une possible intervention militaire de Tokyo en cas d’attaque chinoise contre Taïwan. Pékin, qui considère l’île comme une partie de son territoire, avait déjà réagi en déconseillant à ses ressortissants de voyager au Japon. En février, la Chine avait aussi imposé des restrictions à une vingtaine d’entreprises japonaises.
Les nouvelles entités visées comprennent des filiales du géant Mitsubishi Heavy Industries et l’Institut national pour les études de Défense, un groupe de réflexion du ministère nippon de la Défense. Mais la pression chinoise ne s’arrête pas là. Pékin a aussi annoncé un durcissement des contrôles sur les exportations de produits à double usage potentiel vers le Japon. Des médias nippons rapportent déjà des restrictions sur les livraisons de terres rares. La Chine détient un quasi-monopole mondial sur ces minerais essentiels à la haute technologie. Le Japon dépend de Pékin pour environ 70 % de ses importations de terres rares. En parallèle, vingt autres entités japonaises sont placées sur une « liste de surveillance », ce qui impose des évaluations de risques strictes pour s’assurer que les biens vendus ne servent pas à renforcer l’armée japonaise.
Un porte-parole du ministère chinois du Commerce a accusé Tokyo de s’engager sur une « mauvaise voie » et de verser dans une « nouvelle forme de militarisme ». Il a jugé la décision chinoise « justifiée, raisonnable et légale », assurant qu’elle n’affecte pas les échanges normaux. Pourtant, sous la direction de Sanae Takaichi, le Japon a accéléré son virage vers une défense plus active, avec le soutien des États-Unis. Tokyo a fortement augmenté ses dépenses militaires, assoupli les règles d’exportation d’armes et renforcé sa coopération avec d’autres pays en conflit avec la Chine, comme les Philippines. Ce week-end, des vols conjoints de bombardiers et chasseurs chinois et russes près du Japon ont encore attisé les tensions. Le porte-parole japonais a dénoncé une « démonstration de force » et une « grave préoccupation pour notre sécurité nationale ». La Chine, elle, présente ces patrouilles comme une preuve de sa détermination à préserver la paix régionale.
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