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Après le double séisme, le Venezuela cherche ses morts et ses vivants

Deux tremblements de terre ont pulvérisé des quartiers entiers. Plus de 1400 corps retrouvés, des dizaines de milliers de personnes portées disparues, et…

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Après le double séisme, le Venezuela cherche ses morts et ses vivants

Deux tremblements de terre ont pulvérisé des quartiers entiers. Plus de 1400 corps retrouvés, des dizaines de milliers de personnes portées disparues, et les secouristes luttent contre le temps et le manque de moyens.

Les chiffres donnent le vertige. Deux séismes successifs de magnitude 7,2 et 7,5 ont frappé la côte vénézuélienne il y a plusieurs jours. Le bilan officiel atteint 1 450 morts, et l’ONU estime à environ 50 000 le nombre de disparus. 774 immeubles ont été endommagés ou détruits, dont 189 se sont totalement effondrés. Mais au-delà des statistiques, c’est une course contre la montre qui se joue dans les décombres. Les équipes de secours le savent : au-delà de 72 heures, les chances de retrouver des survivants s’effondrent. Pourtant, des sauvetages inespérés ont eu lieu, comme celui d’un père et de son fils adolescent extraits vivants des gravats à Caraballeda, quatre jours après le drame. Des images poignantes montrent les deux hommes, nus et choqués, transportés sur des brancards par des sauveteurs américains et français. Mais ces rares miracles ne suffisent pas à apaiser la colère et la détresse des familles.

Sur le terrain, la frustration est immense. Les habitants fouillent les ruines avec des outils rudimentaires, voire à mains nues, faute d’engins de chantier en nombre suffisant. Un secouriste volontaire témoigne de l’angoisse qui monte dans les tunnels de gravats : on rampe vers l’espoir, mais on trouve souvent des corps sans vie. À Caraballeda, des riverains exaspérés ont forcé un groupe de militaires, jusqu’alors immobiles, à prendre pelles et pioches pour participer aux recherches. Un commerçant de 26 ans raconte qu’un général est arrivé avec une vingtaine de soldats armés, restés adossés à un mur pendant que des volontaires tentaient de sortir un mort. La présidente par intérim, Delcy Rodriguez, assure que les opérations continuent et que des personnes vivantes ont été retrouvées, mais le sentiment d’abandon grandit. Le gouvernement a même restreint l’accès à l’État de La Guaira, exigeant un laissez-passer pour les bénévoles. Une mesure jugée absurde par beaucoup, comme ce jeune homme de 27 ans qui lance : « Il faut un permis pour sauver des vies… rendez-vous compte. »

L’aide internationale arrive, mais dans un contexte politique explosif. Les États-Unis ont déjà déployé plusieurs centaines de soldats pour faciliter le trafic aérien et maritime de fournitures, et 130 Marines supplémentaires doivent débarquer au port de La Guaira. Au total, 24 pays ont envoyé plus de 520 tonnes de matériel, 2 700 secouristes et 86 équipes cynophiles. Les dommages sont estimés à près de 7 milliards de dollars, soit 6 % du PIB du pays. Mais la crise ne se limite pas au séisme. Le Venezuela est déjà ravagé par une grave crise économique et des troubles politiques, depuis la capture de l’ancien président Nicolas Maduro par l’armée américaine en janvier dernier. La figure de l’opposition, Maria Corina Machado, a annoncé son retour imminent sur Fox News, affirmant que son devoir est d’être aux côtés du peuple. Le gouvernement intérimaire la considère comme une fugitive. Pendant ce temps, les familles continuent de chercher les leurs. Dans les rues de Caracas, des écrans publicitaires diffusent les visages des disparus. Et à La Guaira, Hector Aguilera sait que quatre de ses proches sont ensevelis sous les décombres. Il n’a pas les moyens de les dégager. « Nous savons qu’ils sont morts », dit-il, la voix brisée.

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