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Pékin et Bruxelles tentent d’éviter l’escalade commerciale autour d’un café

Le ministre chinois du Commerce débarque à Bruxelles pour rencontrer son homologue européen. Objectif : apaiser des tensions qui ne cessent de monter…

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Pékin et Bruxelles tentent d'éviter l'escalade commerciale autour d'un café

Le ministre chinois du Commerce débarque à Bruxelles pour rencontrer son homologue européen. Objectif : apaiser des tensions qui ne cessent de monter, alors que les accusations de concurrence déloyale pleuvent.

La visite de Wang Wentao ce lundi à Bruxelles n’a rien d’une simple formalité diplomatique. Derrière les poignées de main et les déclarations polies, c’est un véritable bras de fer économique qui se joue entre la Chine et l’Union européenne. Les Vingt-Sept regardent avec méfiance l’explosion du déficit commercial dans les échanges de biens, qui a doublé en valeur en dix ans. Ils accusent Pékin de noyer ses entreprises sous les aides publiques, une pratique qui selon eux met à genoux des secteurs entiers comme l’automobile, la chimie ou l’acier.

Les données de l’OCDE donnent du poids à ces inquiétudes. De 2004 à 2025, les firmes chinoises auraient reçu en moyenne trois à huit fois plus de soutien de l’État que leurs concurrentes installées dans les pays membres de l’organisation. Pour l’Europe, c’est clair : il faut rééquilibrer la balance. Lors du dernier sommet à Bruxelles, les dirigeants des 27 ont demandé à la Commission de renforcer l’arsenal contre les distorsions de concurrence. La France a même proposé de s’inspirer du mécanisme américain dit « section 301 », qui permet d’imposer des taxes douanières très souples en cas de pratiques déloyales.

Mais en face, la Chine ne reste pas les bras croisés. Son chef de mission auprès de l’UE, Cai Run, a prévenu quelques jours plus tôt que si Bruxelles persistait à adopter des mesures restrictives, Pékin riposterait. Un mélange de discours de conciliation et de menace à peine voilée. Car les deux camps savent qu’une guerre commerciale ouverte serait catastrophique. La Chine est le quatrième marché d’exportation pour les Européens, et leur premier fournisseur. Personne n’a intérêt à casser cette relation.

Pour l’instant, l’Union a déjà mis en place plusieurs dispositifs concrets. Les droits de douane sur l’acier ont été doublés, et une taxe sur les petits colis importés entre en vigueur mercredi. Mais la question centrale des subventions chinoises reste entière. La visite de Wang Wentao à Bruxelles est une tentative de désamorcer la bombe avant qu’il ne soit trop tard. Après la Belgique, il filera à Londres pour y discuter des mêmes sujets brûlants, notamment dans la sidérurgie. Preuve que le dossier est loin d’être clos.

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