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Chine et Union européenne jouent leur va tout à Bruxelles

Le ministre chinois du Commerce est attendu lundi à Bruxelles pour tenter de désamorcer des tensions commerciales qui ne cessent de monter. L’UE veut…

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Chine et Union européenne jouent leur va tout à Bruxelles

Le ministre chinois du Commerce est attendu lundi à Bruxelles pour tenter de désamorcer des tensions commerciales qui ne cessent de monter. L’UE veut rééquilibrer les échanges et réduire sa dépendance, tandis que Pékin promet de se défendre si nécessaire.

La rencontre entre Wang Wentao et le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, s’annonce tendue. Bruxelles compte bien lui faire part de ses préoccupations grandissantes. Les dirigeants européens, réunis récemment en sommet, ont demandé à la Commission de renforcer son arsenal contre les distorsions de concurrence. Leur objectif est clair faire face au déficit commercial colossal de l’Union vis-à-vis de la Chine. Ce déficit a littéralement explosé en dix ans. Il a plus que doublé en valeur, même s’il reste inférieur au record de 2022 qui atteignait 400 milliards d’euros.

Pour l’Union européenne, ce déséquilibre n’est pas le fruit du hasard. Bruxelles accuse Pékin de subventionner massivement ses entreprises, faussant ainsi la concurrence dans des secteurs clés comme l’automobile, la chimie ou l’acier. Selon l’OCDE, les entreprises chinoises auraient reçu en moyenne trois à huit fois plus de soutien public que leurs concurrentes basées dans les pays membres de l’organisation. L’UE veut aussi réduire sa dépendance vis-à-vis de la Chine pour les matières premières critiques et les semiconducteurs. Une fragilité qui a déjà été mise en lumière par plusieurs bras de fer l’an dernier. Sur tous ces sujets, les 27 pays membres soutiennent quasi unanimement la Commission. Mais pour l’instant, Bruxelles n’a pas dévoilé ses futures mesures concrètes. La France a par exemple proposé de s’inspirer du mécanisme américain « section 301 », qui permet de taxer très souplement les pays accusés de pratiques déloyales.

Du côté chinois, le discours alterne entre apaisement et menace. Le chef de la mission chinoise auprès de l’UE, Cai Run, a prôné les vertus du dialogue tout en mettant en garde contre toute mesure restrictive. Si l’Union persistait, a-t-il prévenu, la Chine serait contrainte de prendre des contre-mesures pour défendre ses intérêts légitimes. Mais il a aussi insisté sur la capacité des deux parties à résoudre leurs différends. Une guerre commerciale frontale serait en effet désastreuse pour les deux camps. La Chine est le quatrième débouché pour les exportateurs européens et le premier fournisseur de l’Union. Après son dîner avec Sefcovic, Wang Wentao se rendra à Londres pour une commission mixte avec le Royaume-Uni, où les sujets de friction sont nombreux, notamment dans l’acier. L’UE a déjà pris des mesures inédites ces derniers mois, comme le doublement des droits de douane sur l’acier ou la taxation des petits colis, qui entreront en vigueur mercredi. Le ton monte, mais les deux partenaires savent qu’ils ont tout à perdre à laisser les tensions déraper.

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