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Nicolas Sarkozy sous le feu des critiques des parties civiles lors du procès en appel libyen

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L’ancien président, présent à l’audience après une absence pour maladie, a dû écouter sans broncher les avocats des proches de victimes de l’attentat du DC-10 d’UTA dénoncer un « pacte de corruption » avec le régime Kadhafi.

Mercredi, Nicolas Sarkozy a subi sans répliquer les attaques des avocats représentant les familles de victimes de l’attentat du DC-10 d’UTA, lors du procès en appel sur les soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. Absent la veille pour raison de santé, l’ancien chef de l’État, âgé de 71 ans, occupait sa place au premier rang des prévenus, contraint au silence, échangeant seulement quelques mots avec ses conseils.

Me Olivier Descamps, avocat de la veuve et du fils du pilote de l’appareil, Georges Raveneau, a livré une plaidoirie acerbe. Il a rappelé que Nicolas Sarkovy avait déjà été condamné de manière définitive à deux reprises, avant de dépeindre un tableau de « gros sous et trahisons ». Il a évoqué un argent qui aurait permis de financer une campagne électorale et le train de vie de certains prévenus, un récit contesté mais répété.

Sans être accusé d’enrichissement personnel, Nicolas Sarkozy est soupçonné d’avoir conclu un « pacte de corruption » avec le régime de Mouammar Kadhafi, en lien avec ses collaborateurs Brice Hortefeux et Claude Guéant. L’accord présumé prévoyait des fonds occultes pour sa campagne via les comptes de l’intermédiaire Ziad Takieddine, en échange de contreparties, dont l’examen de la situation pénale d’Abdallah Senoussi, commanditaire de l’attentat.

Les dénégations de l’ancien président n’ont pas convaincu les parties civiles, pas plus qu’en première instance où il avait écopé de cinq ans de prison ferme. Me Descamps a dénoncé une « défense de voyous », bien qu’exprimée dans une version plus raffinée. Il a décrit un « patron » répondant « je ne me souviens pas » ou « les autres se trompent », un « premier lieutenant » en la personne de Brice Hortefeux, et un « deuxième lieutenant », Claude Guéant, dont la position a fluctué.

Dans deux courriers adressés à la cour pour contester les doutes sur sa probité, Claude Guéant, empêché d’assister au procès, a relaté un dîner à Tripoli en juillet 2007. L’ancien chef de l’État l’aurait convié pour que Kadhafi lui répète sa préoccupation concernant Senoussi, avec l’ordre « Claude, voyez cela ». Bien que Guéant ait affirmé qu’aucune action n’avait été entreprise, cette anecdote a brisé la défense commune.

Pour l’association Anticor, Claire Josserand-Schmidt a estimé que Nicolas Sarkozy s’efforçait de couper les liens avec ses coprévenus, tout en jugeant fallacieux son argument selon lequel l’enquête n’avait pas prouvé que de l’argent libyen avait alimenté sa campagne. La question centrale, selon elle, est de savoir si l’ancien ministre de l’Intérieur s’est coordonné avec ses collaborateurs pour sceller un pacte de corruption dès 2005.

Les proches des victimes ont exprimé leur indignation face à l’idée que leurs représentants politiques auraient négocié avec Senoussi, l’auteur de leurs souffrances. Dan Hazan, avocat de plus de 90 proches, a également reproché à Nicolas Sarkozy ses commentaires jugés insupportables après le premier jugement, sa mise en scène pathétique de son incarcération à la Santé, et la publication de son livre sur ses vingt jours de détention, interrogeant sur la considération portée au manque des familles des victimes.

Le parquet général doit entamer lundi trois jours de réquisitions.

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