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Trump resserre l’étau sur Téhéran, une lueur de reprise des pourparlers émerge

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Le président américain a brandi la menace de frappes d’une intensité inédite si l’Iran ne se plie pas à ses exigences, tandis que des signaux contradictoires laissent entrevoir une possible issue diplomatique.

Donald Trump a accentué la pression sur l’Iran ce mercredi, en agitant de nouvelles menaces de bombardements, alors que des espoirs de reprise des négociations entre les deux camps pour mettre un terme au conflit au Moyen-Orient refont surface. « Si l’Iran accepte de céder ce qui a été convenu, ce qui est peut-être une hypothèse de taille, la déjà légendaire opération Fureur épique prendra fin », a écrit le locataire de la Maison-Blanche sur son réseau Truth Social. « Mais s’ils refusent, les bombardements commenceront, et ce sera, malheureusement, à un niveau et avec une intensité bien plus élevée qu’auparavant », a-t-il prévenu, en faisant référence à la campagne américano-israélienne menée du 28 février au cessez-le-feu du 8 avril.

De son côté, le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a indiqué que « l’Iran examine toujours le plan et la proposition américaine », selon des propos rapportés par l’agence de presse Isna. Les marchés financiers ont opté pour un scénario optimiste. Wall Street a ouvert en nette hausse, dans le sillage des Bourses européennes, tandis que les cours du pétrole sont tombés sous la barre des 100 dollars, loin du pic de 126 dollars atteint il y a quelques jours.

Mardi, M. Trump avait annoncé, en raison des « grands progrès accomplis en vue d’un accord complet et définitif avec les dirigeants iraniens », la suspension de l’opération américaine Projet Liberté, lancée juste plus tôt pour permettre à des centaines de bateaux bloqués dans le Golfe de traverser le détroit d’Ormuz. Téhéran verrouille ce passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures depuis le début de la guerre, qui a fait des milliers de victimes, principalement en Iran et au Liban. Washington avait imposé un blocus des ports iraniens le 13 avril.

M. Trump a précisé que la pause dans l’opération Projet Liberté avait été décidée notamment à la demande du Pakistan, principal médiateur entre les deux camps. Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, dont le pays a accueilli des négociations directes jusqu’ici sans suite entre l’Iran et les États-Unis le 11 avril, a dit avoir « bon espoir » que la dynamique actuelle aboutisse à une paix durable. « La fin de Projet Liberté est probablement survenue lorsque Trump a réalisé que le recours à la force allait non seulement échouer à produire le résultat escompté mais fermerait également la porte aux premiers véritables signes d’une voie négociée », a estimé sur X l’analyste Ali Vaez, de l’International Crisis Group.

Selon des responsables américains et deux autres sources au fait du dossier citées par le média américain Axios, la Maison-Blanche estime être sur le point de conclure « un protocole d’accord d’une page visant à mettre fin au conflit et à établir un cadre en vue de négociations nucléaires plus approfondies ». L’armée israélienne est toutefois prête à reprendre une opération « forte et puissante » en Iran, a affirmé mercredi son chef, le lieutenant-général Eyal Zamir.

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, qui multiplie les contacts internationaux, a pour sa part affirmé à l’issue d’une visite en Chine que Téhéran comptait sur Pékin, principal acheteur de son pétrole, pour « soutenir la mise en place d’un nouvel ordre régional d’après-guerre capable de concilier développement et sécurité ». « La question du détroit d’Ormuz a fait l’objet de discussions approfondies, et nous avons évoqué la nécessité de respecter les droits de la République islamique d’Iran ainsi que l’ensemble des points de vue existants », a-t-il indiqué. Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a quant à lui réclamé un arrêt « complet » des hostilités au Moyen-Orient et appelé les États-Unis et l’Iran à rouvrir « le plus vite possible » le détroit d’Ormuz. La visite de M. Araghchi intervient en amont de celle de Donald Trump en Chine, prévue les 14 et 15 mai, où il doit rencontrer son homologue Xi Jinping.

En Iran, certains ne cachent pas leur fatigue et leur lassitude face aux tergiversations sur les négociations. « Que vous soyez en Iran ou non, la pression psychologique est intense. Tout le monde est déprimé et sans espoir à cause de ce jeu psychologique », confie Azadeh, une traductrice de 43 ans jointe par l’AFP à Paris. Le lancement lundi de l’opération américaine dans le détroit d’Ormuz s’est accompagné d’accrochages en mer entre Iraniens et Américains, et d’attaques contre les Émirats arabes unis imputées à l’Iran, après des semaines de calme relatif.

L’armateur français CMA CGM a en outre confirmé mercredi que son porte-conteneur San Antonio battant pavillon maltais avait fait l’objet d’une attaque la veille dans le détroit d’Ormuz, qui a fait des blessés parmi les membres d’équipage. Sur le front libanais, l’armée israélienne a annoncé avoir mené de nouvelles frappes dans « plusieurs zones » du Liban contre le mouvement pro-iranien Hezbollah, après avoir appelé la population de 12 villages à évacuer. Le ministère de la Santé libanais a recensé quatre morts dans l’est du pays dans un bombardement israélien. Les hostilités entre Israël et le Hezbollah se poursuivent malgré un cessez-le-feu entré en vigueur le 17 avril.

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