Politique
Elon Musk dépeint en dirigeant autoritaire lors du procès qui l’oppose à OpenAI
Au deuxième jour des audiences, Greg Brockman, président d’OpenAI, a livré un témoignage contrastant avec les accusations de cupidité portées par Elon Musk, décrivant plutôt un multimilliardaire cherchant à imposer son contrôle absolu.
Greg Brockman, figure centrale de la start-up à l’origine de ChatGPT, a tenté de redresser l’image de son entreprise lors de l’audience du mardi 30 avril. Selon lui, les fondateurs d’OpenAI n’ont pas trahi un généreux mécène, mais ont au contraire résisté aux pressions d’un Elon Musk assoiffé de pouvoir. Le procès, intenté par le patron de Tesla et de SpaceX, accuse Sam Altman et ses associés d’avoir détourné ses dons initiaux de 38 millions de dollars pour bâtir un empire commercial aujourd’hui valorisé à plus de 850 milliards de dollars.
OpenAI, créée comme une fondation à but non lucratif, soutient que sa transformation en société commerciale était inévitable et avait été discutée avec Elon Musk. Ce dernier aurait quitté l’organisation de son propre gré après avoir échoué à obtenir les pleins pouvoirs, avant de devenir un concurrent direct avec sa société xAI et son modèle Grok. L’avocate d’OpenAI, Sarah Eddy, a mené un contre-interrogatoire de plus de deux heures, permettant à Greg Brockman de s’exprimer librement pour restaurer sa crédibilité auprès du jury.
La veille, l’avocat d’Elon Musk avait utilisé les notes personnelles de l’ingénieur pour le dépeindre en entrepreneur calculateur. Greg Brockman a notamment évoqué un épisode tendu à l’été 2017, lorsque les négociations sur la création d’une structure commerciale piétinaient. Elon Musk aurait alors offert des Tesla à Brockman et au chercheur Ilya Sutskever. Un texto de ce dernier résumait le malaise : « Est-ce qu’une Model 3 te convaincrait d’accepter des conditions totalement défavorables ? » Pour Brockman, il s’agissait clairement d’une tentative de les acheter pour qu’ils acceptent que Musk devienne PDG et actionnaire majoritaire.
L’ingénieur a également décrit une altercation survenue lorsque les deux hommes se sont rendus chez Elon Musk pour lui signifier leur refus de lui céder le contrôle absolu. « Je pensais vraiment qu’il allait me frapper », a-t-il confié, visiblement ému. Elon Musk aurait alors décroché un tableau représentant une Tesla, peint et offert, avant de quitter la pièce en lançant : « Quand comptez-vous quitter OpenAI ? »
L’avocate d’OpenAI a ensuite repris les notes du carnet de Greg Brockman pour lui permettre de prouver sa sincérité. En novembre 2017, l’ingénieur écrivait notamment : « Lui dérober la fondation. Basculer en société commerciale sans lui. Ce serait une banqueroute morale. » Il a reconnu que ces pensées personnelles, jamais destinées à être rendues publiques, étaient devenues des pièces à conviction très commentées dans la Silicon Valley. « Mais il n’y a rien là-dedans dont j’ai honte », a-t-il affirmé.
Greg Brockman a également évoqué l’ampleur des besoins financiers d’OpenAI. L’entreprise dépense aujourd’hui 50 milliards de dollars en puissance de calcul, contre environ 30 millions en 2017, illustrant le gouffre financier auquel la structure philanthropique initiale devait faire face face à des concurrents comme Google. Pour OpenAI, tout prouve qu’Elon Musk n’ignorait rien du virage commercial nécessaire, et sa plainte, déposée en 2024 après le lancement de son laboratoire rival xAI, serait donc prescrite.
En septembre 2017, Elon Musk s’irritait dans un email collectif : « J’en ai marre. Soit vous faites votre truc de votre côté, soit vous restez chez OpenAI en tant que fondation à but non lucratif. Je ne suis qu’un idiot qui finance gratuitement la création d’une startup. » Il aurait alors proposé une autre voie, celle d’absorber OpenAI dans Tesla pour poursuivre le développement de l’IA sans prévenir les actionnaires. Lorsqu’il annonce son départ en février 2018, Elon Musk déclare aux employés vouloir développer l’IA au sein de Tesla, mais sans se préoccuper de la sécurité. « Si ce sont les moutons qui dictent la sécurité et pas les loups, ça n’a aucun sens », aurait-il lancé, selon Greg Brockman, contredisant l’autoportrait du bienfaiteur éthique soucieux de protéger l’humanité.
-
Faits DiversEn Ligne 6 joursLe jeune maire d’un village breton mis en examen pour des accusations de viols
-
NewsEn Ligne 6 jours_**Les habitants de La Grande-Motte exaspérés par une invasion massive de moustiques**_
-
MondeEn Ligne 5 joursLe souverain britannique achève sa tournée américaine par un hommage aux soldats tombés au combat
-
MondeEn Ligne 6 joursVolotea facture un supplément sur les billets déjà achetés face à la flambée du kérosène
-
MondeEn Ligne 6 joursLa Cour suprême américaine ébranle le système de représentation des minorités
-
SportsEn Ligne 5 joursJean-Baptiste Amestoy, légende du Stade Montois et ancien international français, nous a quittés à 90 ans
-
NewsEn Ligne 2 joursDes millions de gourdes Thermos rappelées après des blessures graves liées à un défaut de bouchon
-
ÉconomieEn Ligne 6 joursL’Europe accélère dans la course aux roquettes longue portée face au modèle américain