Monde
La veillée d’armes avant une trêve contestée fait au moins dix-huit morts en Ukraine
Alors que Moscou et Kiev annoncent des cessez-le-feu concurrents pour les commémorations du 9 mai, des bombardements russes ont frappé en pleine journée plusieurs villes ukrainiennes, faisant au moins dix-huit victimes et provoquant l’indignation du président Zelensky.
Des frappes aériennes russes ont endeuillé l’Ukraine mardi, quelques heures avant l’entrée en vigueur de trêves unilatérales et rivales. Le dernier bilan fait état d’au moins douze morts à Zaporijjia, dans le sud du pays, de cinq victimes à Kramatorsk, dans l’est, et d’un décès à Nikopol, dans le centre-est. Cette escalade de la violence intervient alors que les deux belligérants s’apprêtent à observer des suspensions d’hostilités aux dates symboliques du 8 et du 9 mai, célébrant la victoire de 1945.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, en déplacement à Bahreïn, a exprimé sa crainte que le nombre de morts ne s’alourdisse à Kramatorsk, une cité stratégique sous contrôle de Kiev dans la région de Donetsk. Le centre-ville a été touché en fin d’après-midi, ajoutant une nouvelle page à la litanie des violences qui frappent cette localité, cible d’attaques de plus en plus nourries depuis des mois.
À Zaporijjia, quatre bombes aériennes ont été larguées à proximité du centre, selon la porte-parole de la police régionale, Anna Tkatchenko. Le bilan provisoire s’élève à douze morts et vingt blessés. La nuit précédente avait déjà été meurtrière, avec au moins cinq morts, dont des secouristes, et des dizaines de blessés, sous les tirs de drones longue portée et de missiles russes.
Dans ce contexte de violence ininterrompue, la Russie a annoncé un cessez-le-feu pour les 8 et 9 mai, à l’occasion du 81e anniversaire de la victoire de 1945, célébrée chaque année par un défilé militaire sur la Place rouge. Moscou a toutefois prévenu qu’une violation ukrainienne de cette trêve entraînerait une « frappe massive de missiles » sur le centre de Kiev.
En réponse, Volodymyr Zelensky a déclaré une trêve à partir de mercredi minuit, sans en fixer la durée, précisant que son armée répliquerait « de manière symétrique » à toute infraction. Le chef de l’État a dénoncé avec virulence la dernière vague de bombardements, qualifiant de « cynisme absolu » la demande russe d’une pause humanitaire pour organiser des « célébrations de propagande ».
Selon l’analyste politique Volodymyr Fessenko, cette annonce ukrainienne constitue une manœuvre tactique sur les plans informationnel et politique. « Si la Russie ne respecte pas notre cessez-le-feu, nous sommes en droit de ne pas respecter le sien. Cela annule l’initiative de Poutine », a-t-il expliqué, jugeant quasi certain qu’aucune des deux trêves ne sera pleinement observée.
Ces suspensions d’hostilités interviennent plus de trois semaines après un cessez-le-feu de trente-deux heures pour les fêtes de Pâques orthodoxe, déjà largement violé sur la ligne de front, même si un arrêt des frappes aériennes longue portée avait été constaté.
L’Ukraine réclame depuis longtemps une trêve prolongée pour favoriser des négociations de paix, alors que le conflit déclenché par l’invasion russe de février 2022 est devenu le plus sanglant en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Moscou refuse cette demande, arguant qu’un cessez-le-feu étendu permettrait à Kiev de renforcer ses défenses, et exige notamment la cession de l’ensemble de la région de Donetsk.
En riposte aux bombardements, l’Ukraine a intensifié ses tirs de drones vers le territoire russe, l’un de ces engins ayant récemment éventré la façade d’un immeuble résidentiel dans l’ouest de Moscou. Ces annonces de trêves interviennent alors que les États-Unis recentrent leur attention sur le conflit au Moyen-Orient, et que, pour la première fois depuis l’été 2023, la zone sous contrôle ukrainien a diminué d’environ 120 kilomètres carrés en avril, selon l’analyse de l’Institut pour l’étude de la guerre.
Parallèlement, Volodymyr Zelensky cherche à valoriser l’expertise ukrainienne en matière de lutte contre les drones de conception iranienne, massivement utilisés par la Russie. À l’issue d’une rencontre avec le roi de Bahreïn, Hamed ben Issa Al Khalifa, il a proposé un accord sur les drones, affirmant que son pays, confronté quasi quotidiennement à des attaques terroristes similaires, possède une expérience pertinente en matière de défense à grande échelle et est prêt à la partager.
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