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Économie

Macron et Pachinian scellent un accord renforçant les liens entre Paris et Erevan

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Le président français et le Premier ministre arménien ont signé un partenariat stratégique couvrant la défense, l’économie et la technologie, dans un contexte de rapprochement d’Erevan avec l’Europe et d’éloignement progressif de Moscou.

Emmanuel Macron et Nikol Pachinian ont officialisé mardi un partenariat stratégique destiné à consolider les relations entre la France et l’Arménie. Cet accord, qui englobe des domaines aussi variés que la défense, l’économie et l’innovation, intervient alors que ce pays du Caucase, historiquement lié à la Russie, cherche à diversifier ses alliances.

La France, qui abrite la troisième diaspora arménienne mondiale avec environ quatre cent mille personnes, entretient une relation privilégiée avec cette nation de trois millions d’habitants, réputée pour sa francophilie. Accueilli avec ferveur dans les rues d’Erevan, le chef de l’État français a salué le rôle de la France comme « partenaire de référence » de cette ancienne république soviétique, tout en soulignant la « vocation européenne » de l’Arménie.

Parmi les accords signés figurent des coopérations dans la recherche et l’innovation pour le secteur de la défense, ainsi que dans l’intelligence artificielle, la cybersécurité et les semi-conducteurs. Un contrat a également été conclu pour la livraison de six hélicoptères civils H145 à l’armée arménienne, accompagnée d’équipements destinés aux forces spéciales formées par Paris. Cette coopération militaire existante comprend déjà la commande de trois radars français et la formation de soldats arméniens, Erevan ayant aussi acquis trente-six canons Caesar en 2024.

Dans le domaine des infrastructures, les groupes Vinci et Razel-Bec ont signé une déclaration d’intention pour participer à la construction du tunnel stratégique de Bargushat, sur l’axe routier nord-sud. Ce projet, qualifié de tronçon particulièrement difficile, « commence à devenir réalité », s’est félicité Nikol Pachinian.

Emmanuel Macron a salué la décision de l’Arménie et de son Premier ministre de « se tourner vers l’Europe », malgré les mises en garde de Moscou. Cette aspiration a été consacrée lors du sommet de la Communauté politique européenne et du premier sommet UE-Arménie à Erevan. « Je crois très profondément que la vocation de l’Arménie est une vocation européenne », a déclaré le président français lors d’un forum, ajoutant que l’Europe était « le partenaire le plus naturel de l’Arménie et du Sud Caucase ». Il a également évoqué la Géorgie et l’Azerbaïdjan, deux autres pays de la région.

Erevan et Bakou ont conclu un accord de paix en 2025, après un conflit meurtrier autour de l’enclave du Karabakh, perdue en 2023. Enclavée entre l’Azerbaïdjan, l’Iran, la Géorgie et la Turquie, avec laquelle la frontière reste fermée, l’Arménie mise sur la paix pour développer ses connexions terrestres, énergétiques et commerciales. Le rapprochement avec l’Union européenne reste toutefois entravé par les liens forts qui unissent encore Erevan et Moscou, tous deux membres de l’Organisation du traité de sécurité collective, dont l’Arménie fait toujours partie malgré le gel de sa participation en 2024.

Interrogé sur d’éventuelles ingérences dans la campagne des législatives du 7 juin, Emmanuel Macron a réfuté toute interférence. « J’assume totalement de défendre l’Europe, les intérêts de l’Europe et de la France en venant ici », a-t-il affirmé, distinguant cette démarche des « interférences qui se font par le biais de l’information, la propriété de médias, la divulgation de fausses informations », des accusations régulièrement portées contre la Russie.

La principale force d’opposition, le parti « L’Arménie forte » de l’homme d’affaires milliardaire russo-arménien Samvel Karapetyan, est souvent associée dans l’opinion à l’influence russe et à des intérêts oligarchiques. Mardi matin, le président français s’est recueilli au mémorial des victimes arméniennes des massacres de 1915, déposant un œillet blanc devant la flamme éternelle en mémoire du million et demi d’Arméniens tués sous l’Empire ottoman, un événement reconnu comme un génocide par la France. Il a également visité le musée Matenadaran, riche d’une vaste collection de manuscrits anciens, et un accord de coopération a été conclu avec la Bibliothèque nationale de France. En fin de journée, Emmanuel Macron et Nikol Pachinian devaient se rendre à Gyumri, ville durement touchée par le tremblement de terre de décembre 1988 qui avait fait environ vingt-cinq mille morts dans le nord-ouest du pays.

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