Politique
Le palais présidentiel se vide avant l’heure

À un an de l’élection présidentielle, les départs se multiplient à l’Élysée, signe d’une fin de mandat qui s’annonce longue pour Emmanuel Macron.
Le secrétaire général de l’Élysée, Emmanuel Moulin, quittera ses fonctions après seulement un an à ce poste stratégique. Cet ancien directeur du Trésor, passé par Matignon auprès de Gabriel Attal, a annoncé son intention de briguer la direction de la Banque de France. Son départ s’inscrit dans un mouvement plus large de recomposition des équipes présidentielles.
Depuis le début de l’année, une dizaine de conseillers ont déjà pris la direction d’autres horizons, publics ou privés. Les deux secrétaires générales adjointes, Emilie Piette et Constance Bensussan, ont respectivement rejoint la présidence du Réseau de transport d’électricité et la Caisse nationale des allocations familiales. La conseillère pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, Anne-Claire Legendre, a pris les rênes de l’Institut du monde arabe, tandis que Catherine Pégard a succédé à Rachida Dati au ministère de la Culture.
Ce phénomène de départ anticipé interpelle les observateurs de la vie politique. Un spécialiste des arcanes de l’État souligne que l’Élysée connaît habituellement un mouvement d’évacuation plus tardif, généralement trois mois avant le scrutin. La situation actuelle, avec plus d’un an de mandat restant, apparaît comme précoce.
La dissolution de 2024, qui a privé le chef de l’État de majorité parlementaire et de marges de manœuvre sur le plan intérieur, a contribué à installer un sentiment de fin de règne anticipé. Emmanuel Macron, qui ne peut constitutionnellement pas briguer un troisième mandat, se trouve dans une position inédite.
Son successeur désigné, Pierre-André Imbert, ambassadeur de France en Australie et ancien secrétaire général adjoint de la présidence entre 2020 et 2023, prendra ses fonctions lundi. Sa mission consistera à maintenir le cap jusqu’à l’échéance électorale.
Malgré ces départs, le président continue d’afficher un rythme d’activité soutenu. Il multiplie les déplacements, passant de la fonction de chef des armées à celle de défenseur de la régulation numérique pour les mineurs, sans oublier son rôle de soutien à l’Ukraine. Son agenda international reste chargé avec des visites en Pologne, en Grèce, en Arménie et une tournée africaine.
Une équipe resserrée autour du chef de l’État maintient la cohésion. Ses deux conseillers en communication veillent à ce que le président reste visible dans l’espace médiatique, alors que l’attention se tourne déjà vers les candidats à sa succession.
Certains proches évoquent déjà l’après-2027 pour cet homme qui aura alors cinquante ans. L’un d’eux confie qu’il cherchera sans doute un avenir à la mesure de ses ambitions, pour lui-même et pour le pays.

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