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Culture

Le public invité à plonger dans l’univers de Cézanne en maillot de bain

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À la fondation Beyeler, près de Bâle, les visiteurs ont été conviés à déambler en tenue de plage devant les œuvres de Paul Cézanne, une initiative audacieuse qui transforme le spectateur en élément vivant de l’exposition.

Ce 1er mai, l’institution suisse a bousculé les habitudes en proposant une expérience immersive inédite. Inspirée par la célèbre série de toiles représentant des baigneurs et baigneuses, l’opération invite le public à endosser le rôle de ces figures picturales. Les participants, vêtus de maillots une pièce, de shorts de bain ou de bikinis, se mêlent aux tableaux dans une mise en scène où l’art et la réalité se confondent.

L’idée, soufflée par l’artiste italien Maurizio Cattelan, vise à abolir les distances entre l’œuvre et le regardeur. « C’est une façon de casser les codes », confie un visiteur, ingénieur environnemental de 26 ans, qui apprécie cette « expérience imprévisible ». Pour beaucoup, le geste est à la fois absurde et libérateur. Un graphiste suisse de 34 ans, déjà familier de l’exposition, explique avoir accepté de « jouer le jeu » pour devenir, à son tour, « une sorte d’œuvre dans le musée ». Assis sur une serviette posée sur un banc, il feuillette le catalogue en maillot rayé, audioguide vissé sur les oreilles.

Dans les allées, les regards se croisent avec complicité. Certains visiteurs, encore habillés, sourient ou prennent en photo ces baigneurs d’un nouveau genre. « Au début, c’est surprenant, on se demande si c’est une performance », note une galeriste venue de Dijon. Pour ceux qui osent se dévêtir, l’entrée est gratuite, une incitation qui a séduit un public venu parfois de loin. Un paysagiste de 40 ans a parcouru 150 kilomètres pour « ne pas rater cela », séduit par l’originalité de la proposition.

Dans le jardin du musée, des participants prennent le soleil près d’un plan d’eau bordé de nénuphars, sous la surveillance de deux secouristes. Une architecte portugaise de 34 ans, en maillot une pièce, trouve un écho entre sa tenue et les toiles de Cézanne. « On est presque nu, on peut montrer ce que l’on est dans la vie réelle. On se sent plus proche des tableaux », explique-t-elle. L’expérience, mêlant humour et liberté, modifie la perception de l’art et offre une immersion où le corps et le paysage se répondent, comme dans les œuvres du maître aixois.

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