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Le divorce judiciaire de Sarkozy et Guéant s’intensifie devant la cour d’appel

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Le président de la cour d’appel chargée du dossier des soupçons de financement libyen a annoncé que l’ancien chef de l’État sera entendu mercredi au sujet des déclarations écrites de Claude Guéant, qui officialisent leur rupture.

L’ancien secrétaire général de l’Élysée, absent des débats pour raisons de santé, a transmis deux documents à la juridiction, datés du 11 et du 26 avril, pour répondre aux remises en cause de son intégrité. Le second courrier, communiqué aux parties dimanche, scelle leur désaccord. Jusqu’alors, Nicolas Sarkozy et son ancien bras droit affichaient une unité de façade, notamment lors du premier jugement qui les avait condamnés respectivement à cinq et six années de réclusion ferme.

Dans sa première attestation, Claude Guéant affirmait n’avoir jamais agi que pour servir au mieux l’ancien président, suivre ses consignes et assurer la mise en œuvre de sa politique. Dans la seconde, il contredit directement Nicolas Sarkozy, qui dément toute connaissance avant 2002. Guéant ironise sur les facultés de mémoire exceptionnelles de son ancien supérieur, qu’il qualifie d’hypermnésique, pour affirmer qu’il se trompe.

Il maintient le récit d’un dîner officiel à Tripoli le 25 juillet 2007. Selon lui, en présence du dictateur Mouammar Kadhafi et à sa demande, le président français lui aurait ordonné d’examiner la situation judiciaire du numéro deux du régime libyen, Abdallah Senoussi. Ce dernier cherchait à obtenir la levée de son mandat d’arrêt international après sa condamnation à perpétuité en France pour l’attentat contre le vol DC-10 d’UTA, qui avait fait 170 morts. « Claude, voyez cela », aurait lancé le nouveau président.

Nicolas Sarkozy a réfuté cette version. Guéant réplique en s’insurgeant contre ce démenti et en réaffirmant que son ancien chef se trompe. Il confirme également ne pas se souvenir avoir immédiatement rendu compte de sa rencontre occulte avec Senoussi fin 2005, un entretien que l’accusation estime avoir servi à élaborer un pacte de corruption. Il précise toutefois en avoir forcément parlé ultérieurement, lors du compte rendu des suites du dîner de 2007 ou quand Thierry Herzog, l’ancien avocat de Nicolas Sarkozy, a évoqué avec le président le mandat reçu pour travailler sur le dossier Senoussi.

Nicolas Sarkozy, qui avait d’abord affirmé n’en rien savoir, juge désormais crédible que Thierry Herzog ait effectué un voyage en Libye fin 2005. Il nie toutefois en être à l’origine, expliquant que son ancien avocat et ami avait probablement été mandaté par un proche de Jacques Chirac, avec son confrère Francis Szpiner.

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