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L’Iran étudie la réponse américaine et durcit le ton face aux menaces de Trump

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Téhéran affirme examiner la contre-proposition de Washington tout en mettant en garde contre l’échec des pourparlers, tandis que le président américain conditionne tout accord à un « prix suffisant » payé par la République islamique.

La République islamique d’Iran a officiellement reçu la réponse des États-Unis à sa dernière proposition de relance des négociations. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a confirmé dimanche que Téhéran analysait actuellement les positions transmises par l’intermédiaire du Pakistan, avant de formuler une réplique appropriée. Cette démarche intervient dans un contexte de tensions persistantes depuis l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu le 8 avril, après près de quarante jours de frappes israélo-américaines sur le territoire iranien et de représailles de Téhéran dans la région.

Le président américain Donald Trump avait indiqué samedi qu’il examinerait la proposition iranienne, tout en laissant entendre qu’elle risquait d’être jugée insuffisante. Selon lui, l’Iran n’a pas encore « payé un prix suffisant pour ce qu’il a fait à l’Humanité et au Monde » depuis la fondation de la République islamique en 1979. En riposte, le service de renseignement des Gardiens de la Révolution a estimé que la marge de manœuvre de Washington se réduisait, sommant Donald Trump de choisir entre une opération militaire qualifiée d’impossible et un accord jugé défavorable avec Téhéran.

Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens et conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei, a menacé de couler des navires de guerre américains et d’envoyer leurs forces « au cimetière », qualifiant Washington de « pirate ». Parallèlement, la diplomatie iranienne a précisé que le plan transmis via le Pakistan comportait quatorze points, proposant d’approuver la fin des hostilités avant d’engager des discussions sur la mise en œuvre d’un accord dans un délai de trente jours.

Selon l’agence Tasnim, Téhéran réclame notamment le retrait des forces américaines des zones proches de l’Iran, la levée du blocus des ports iraniens et du gel de ses avoirs, le financement de réparations, la levée des sanctions, un mécanisme concernant le détroit d’Ormuz et la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Le dossier nucléaire, pourtant central pour les États-Unis et Israël qui accusent l’Iran de chercher à se doter de la bombe atomique, ne figure pas dans le plan. Esmaïl Baghaï a précisé que le texte se concentrait exclusivement sur la fin de la guerre.

Le conflit a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, avec de lourdes conséquences pour l’économie mondiale. Les cours du pétrole ont enregistré une hausse inédite depuis 2022, alimentée par le blocage quasi total du détroit d’Ormuz par Téhéran, passage stratégique par lequel transitaient auparavant un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde. En riposte, Washington impose un blocus aux ports iraniens. Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a assuré que l’administration américaine asphyxiait le régime iranien, le rendant incapable de payer ses soldats.

Interrogé samedi soir, Donald Trump a refusé de préciser ce qui pourrait déclencher de nouvelles opérations militaires, évoquant une « possibilité » sans donner plus de détails. Le président avait théoriquement jusqu’à vendredi pour demander l’autorisation du Congrès de poursuivre la guerre, mais il a préféré envoyer une lettre à des responsables parlementaires pour leur notifier que les hostilités contre l’Iran étaient « terminées », bien que plusieurs élus démocrates aient souligné que la présence continue de forces américaines dans la région indiquait le contraire.

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