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Économie

Emmanuel Moulin pressenti pour la direction de la Banque de France

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L’ancien secrétaire général de l’Élysée, Emmanuel Moulin, a été proposé par le président de la République pour succéder à François Villeroy de Galhau à la tête de la Banque de France. Cette nomination, bien qu’anticipée, suscite déjà des interrogations sur l’indépendance de l’institution.

Emmanuel Macron a officiellement soumis mardi le nom d’Emmanuel Moulin pour occuper le poste de gouverneur de la Banque de France. L’Élysée a précisé dans un communiqué que cette proposition émanait du Premier ministre et visait à remplacer François Villeroy de Galhau. Ce haut fonctionnaire de 57 ans, ancien directeur général du Trésor et figure récurrente des cabinets ministériels sous les mandats de Nicolas Sarkozy puis d’Emmanuel Macron, devra désormais obtenir l’aval des commissions des Finances de l’Assemblée nationale et du Sénat. Ces dernières disposent d’un droit de veto à la majorité des trois cinquièmes.

La procédure prévoit une audition publique du candidat, qui ne peut intervenir moins de huit jours après l’annonce officielle de son nom. En cas de confirmation, Emmanuel Moulin serait en mesure d’exercer ses fonctions durant l’intégralité du prochain quinquennat présidentiel, soit jusqu’en juin 2032. La Banque de France, au-delà de son rôle dans la politique monétaire, assume des responsabilités économiques majeures, telles que la lutte contre le surendettement, la fixation du taux du Livret A ou encore la fabrication des billets.

Le départ anticipé de François Villeroy de Galhau, annoncé en février pour le début du mois de juin, avait ouvert la voie à cette succession. Ce dernier quitte ses fonctions un an et demi avant la fin de son mandat pour prendre la direction de la fondation Apprentis d’Auteuil. Emmanuel Moulin, qui faisait figure de favori depuis plusieurs semaines, avait activement préparé sa candidature en rencontrant des parlementaires et en annonçant récemment son intention de briguer ce poste. Il a d’ailleurs quitté ses fonctions de secrétaire général de l’Élysée, remplacé lundi par Pierre-André Imbert.

Ce choix intervient dans un contexte où le chef de l’État est régulièrement critiqué pour ses nominations de proches à des postes stratégiques, alors que la fin de son mandat approche. Richard Ferrand, fidèle de la première heure, a été nommé à la présidence du Conseil constitutionnel, et Amélie de Montchalin, ex-ministre des Comptes publics, à la tête de la Cour des comptes, suscitant des vives réactions de l’opposition. Éric Coquerel, président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, a d’ores et déjà annoncé son opposition à la nomination d’Emmanuel Moulin, estimant que son parcours récent ne garantissait pas l’indépendance indispensable à la Banque de France.

Emmanuel Moulin a débuté sa carrière au Trésor, avant de rejoindre en 2007 le cabinet de Christine Lagarde, alors ministre de l’Économie. Il a ensuite été conseiller économique de Nicolas Sarkozy à l’Élysée jusqu’en 2012. Après un passage dans le secteur privé, il est revenu au ministère des Finances en 2017 comme directeur de cabinet de Bruno Le Maire, puis directeur du Trésor fin 2020. En 2024, il est devenu directeur de cabinet de Gabriel Attal, avant d’être nommé secrétaire général de l’Élysée en 2025. D’autres personnalités, comme Agnès Bénassy-Quéré, seconde sous-gouverneure de la Banque de France, ou Laurence Boone, ex-secrétaire d’État et ancienne cheffe économiste de l’OCDE, avaient également été évoquées pour ce poste. Emmanuel Moulin, ainsi que deux autres candidats, ont été auditionnés récemment par le ministre de l’Économie, Roland Lescure, sans que les noms des deux autres personnes entendues n’aient été divulgués.

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