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Culture

Tiwa Savage, la reine de l’afrobeats qui façonne l’avenir musical du Nigeria

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La superstar nigériane Tiwa Savage, figure emblématique de l’afrobeats, consacre désormais une partie de sa carrière à former la prochaine génération de musiciens à travers une fondation musicale d’excellence.

Assise au cœur du conservatoire Muson de Lagos, la chanteuse de 46 ans observe avec attention les jeunes musiciens qui répètent sous la direction de professeurs venus de la prestigieuse école américaine Berklee. D’un geste discret, elle encourage, corrige une posture, ou glisse un regard complice. Pendant plusieurs jours, une centaine de participants sélectionnés parmi plus de deux mille candidats ont pris part à des ateliers de pratique instrumentale, des séances de coaching vocal et des masterclass dédiés aux rouages de l’industrie musicale.

Tiwa Savage, de son vrai nom Tiwatope Omolara Savage, a lancé la première promotion de sa fondation musicale en partenariat avec Berklee, l’établissement où elle a elle-même étudié il y a près de vingt ans. Elle espère voir émerger de cette initiative des talents capables de marquer l’histoire de la musique, à l’image des plus grandes figures internationales. Dans les salles de répétition, les gammes et les échauffements vocaux se mêlent aux rires, tandis que les participants s’enthousiasment pour cette expérience inédite.

Okebile Dennis Israel, rappeur de 23 ans, souligne l’importance d’apprendre à écouter les autres pour créer une harmonie collective. Aliyu Olukoya, 24 ans, se réjouit de progresser en tant que beatmaker et producteur tout en perfectionnant son jeu au piano. Les enseignants de Berklee, présents pour ajuster et corriger, travaillent en étroite collaboration avec Tiwa Savage, qui supervise chaque étape.

Née à Lagos et élevée en partie au Royaume-Uni, la chanteuse s’est imposée au début des années 2010 comme l’une des voix féminines les plus influentes de l’afrobeats, un genre musical devenu planétaire. Pour elle, le manque d’accès à une éducation musicale de qualité constitue le principal frein au développement des talents au Nigeria. Elle insiste sur la nécessité de professionnaliser l’ensemble de l’écosystème musical, au-delà des seuls artistes, en formant des producteurs, des ingénieurs du son, des compositeurs ou encore des spécialistes du marketing.

Nichelle J. Mungo, professeure de chant à Berklee âgée de 51 ans, venue à Lagos pour la première fois à la demande de Tiwa Savage, rappelle aux aspirants musiciens que la confiance en soi est un atout essentiel dans un environnement concurrentiel. Elle avait connu la star nigériane sur les bancs de l’école américaine, où les étudiants africains étaient alors rares.

Tiwa Savage souhaite offrir à d’autres la possibilité de franchir les mêmes portes qu’elle, sans barrière financière. Sa fondation, qu’elle veut gratuite et accessible, a déjà permis à dix-huit étudiants de recevoir des bourses d’étude pour Berklee, pour un montant total de 2,1 millions de dollars, à l’issue d’un concert au Théâtre national de Lagos. Elle entend élargir son action à l’ensemble du continent africain, convaincue que le talent ne connaît pas de frontières.

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