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David Attenborough, le conteur de la nature, souffle ses cent bougies

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Le naturaliste britannique, dont les documentaires ont enchanté des centaines de millions de personnes à travers le monde, célèbre son centième anniversaire avec une passion intacte pour le vivant.

Figure emblématique outre-Manche, David Attenborough est régulièrement plébiscité comme la personnalité préférée des Britanniques, devançant les stars de la musique et du sport. Son influence est telle que plusieurs espèces animales et végétales ont été nommées en son honneur, à l’image d’une minuscule araignée australienne ou d’une plante carnivore géante des Philippines. La chanteuse américaine Billie Eilish le qualifie de « trésor vivant ».

Selon Jean-Baptiste Gouyon, professeur de communication scientifique à l’University College de Londres, Attenborough a su faire de l’histoire naturelle un sujet grand public, au même titre que le sport ou le football. Sa capacité à éveiller une passion et un émerveillement pour le monde naturel est inégalée. Sa carrière, indissociable de la BBC, a débuté au début des années 1950. Son talent de narrateur et sa voix chaleureuse, immédiatement reconnaissable, ont rapidement conquis le public. Depuis, il n’a cessé de produire, conservant un enthousiasme presque enfantin, comme lorsqu’il jouait avec des gorilles des montagnes au Rwanda en 1978.

Attenborough a parcouru la planète, vêtu de son pantalon beige et de sa chemise bleue, rapportant des images souvent inédites des jungles, déserts et océans. Sa première grande série, « La vie sur Terre », diffusée en 1979, aurait été regardée par quelque 500 millions de personnes dans le monde. « J’aimerais que le monde soit deux fois plus grand et que la moitié reste encore à explorer », confiait-il à l’époque. Pour Sandra Knapp, botaniste et directrice de recherche au musée d’histoire naturelle de Londres, il a fait entrer la nature dans les foyers, offrant un cadeau immense en emmenant les spectateurs dans des lieux inaccessibles. Elle souligne sa capacité à simplifier des concepts scientifiques complexes, comme la sélection sexuelle, illustrée dans son émission sur les oiseaux de paradis. Nombre de biologistes actuels doivent leur vocation aux programmes de leur enfance.

Bien que diplômé en sciences naturelles de l’Université de Cambridge, Attenborough s’est toujours présenté comme un homme de télévision plutôt que comme un scientifique. Anobli en 1985 par la reine Elizabeth II, dont il était proche, il n’a cessé d’alerter sur les ravages causés à l’environnement. En 2025, dans le documentaire « Ocean », il dénonçait les méthodes de la pêche industrielle des pays riches, qu’il qualifiait de « colonialisme moderne de la mer ». De nombreux lieux qu’il a filmés ont depuis été détruits par l’activité humaine.

Attenborough a toujours refusé d’être considéré comme une célébrité, préférant s’effacer pour laisser le spectateur se concentrer sur ce qu’il montre. Contrairement à Jacques Cousteau, qui incarnait l’aventurier, Attenborough ramène l’attention sur la nature. Pourtant, chaque nouveau documentaire, même à cent ans, reste un événement. S’il ne parcourt plus la jungle, il continue de raconter la planète. Dans « Wild London », diffusé début 2026 sur la BBC, il s’intéresse à la faune remarquable de sa ville natale. Après tous ses voyages, il a confié que son lieu préféré reste Richmond, une banlieue verdoyante du sud-ouest de Londres où il a vécu la majeure partie de sa vie avec son épouse Jane, décédée en 1997.

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