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Économie

Le plastique toujours roi dans les supermarchés français, malgré les promesses

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Bouteilles d’eau, fruits et légumes sous film plastique, recul du vrac : une enquête de deux associations révèle que les distributeurs peinent à tenir leurs engagements de réduction des emballages jetables.

Les associations Que Choisir Ensemble et No Plastic in My Sea ont publié un rapport accablant sur la persistance du plastique dans les grandes surfaces. Leur enquête, menée en février dans 1 659 magasins de onze enseignes, met en lumière un décalage flagrant entre les discours des distributeurs et la réalité des rayons. Alors que la loi Antigaspillage pour une économie circulaire, votée en 2020, impose une élimination progressive des plastiques à usage unique d’ici 2040, les auteurs estiment que l’objectif intermédiaire de réduction de 20% d’ici fin 2025 n’a pas été atteint. Seuls les magasins bio se distinguent par une avance notable, tandis que les enseignes de hard discount semblent n’avoir pas encore entamé leur transition.

Les eaux et boissons en bouteille constituent le principal point noir, représentant près de 40% des plastiques à usage unique vendus. Leur succès ne se dément pas, avec une progression des ventes de 3,3% en 2025, alors que la loi prévoit une diminution de moitié d’ici 2030. Un distributeur propose jusqu’à 186 références de sa marque propre, et les mini-formats de moins de 50 cl sont présents dans 81% des magasins audités. Seul Biocoop a totalement cessé de commercialiser de l’eau en bouteille plastique. Carrefour, interrogé, met en avant ses machines de récupération des bouteilles et ses systèmes de consigne pour le verre.

L’étude s’est également penchée sur les fruits et légumes. Dans les magasins conventionnels, 60% des produits non bio sont vendus emballés, majoritairement sous plastique. Ce chiffre grimpe à 91% pour les produits bio, dont la moitié sous plastique. À l’inverse, 90% des fruits et légumes sont proposés en vrac dans les enseignes spécialisées. Les organisations dénoncent aussi la mode émergente des légumes et fruits frais prédécoupés, qu’elles jugent néfaste. Elles pointent également le net recul du vrac, que doit pourtant encourager un décret publié fin 2025, imposant aux commerces de plus de 400 mètres carrés de consacrer au moins 20% de leur surface au vrac d’ici 2030.

Le rapport critique enfin le recours encore embryonnaire au réemploi des emballages et la persistance de mauvaises pratiques de suremballage, auxquelles s’ajoute la mode des masques à usage unique en sachet venue de Corée du Sud. Les associations formulent des recommandations aux distributeurs, comme l’abandon des plastiques superflus et la priorisation de la réduction et du réemploi pour les eaux et boissons, et au gouvernement, notamment la promotion de l’eau du robinet. La Fédération du commerce et de la distribution, de son côté, insiste sur la nécessité de regarder la tendance à la baisse plutôt qu’une photographie à un instant donné, tandis que Coopérative U reconnaît les difficultés liées à l’évolution des modes de vie, comme le snacking, qui conduit au suremballage.

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