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Abdelhamid Hakkar, figure du milieu carcéral des années 1990 et 2000, s’est éteint à 70 ans

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L’ancien détenu, libéré en 2012 après vingt-sept années d’incarcération, est décédé lundi à Besançon. Sa lutte judiciaire a marqué l’histoire pénitentiaire française.

Figure emblématique du grand banditisme et du système carcéral hexagonal, Abdelhamid Hakkar est mort lundi à l’âge de 70 ans dans la ville de Besançon où il résidait depuis sa sortie de prison. La mairie de la commune a confirmé l’information mercredi, levant le voile sur la disparition de cet homme qui fut l’un des plus anciens détenus de France.

Condamné en 1989 à la réclusion criminelle à perpétuité pour des vols à main armée et le meurtre d’un policier survenu en 1984 à Auxerre, un crime qu’il a toujours nié, Hakkar a vu son parcours judiciaire devenir un cas d’école. Sans avocat de son choix, il n’avait pas assisté à son propre procès. Depuis sa cellule, il s’est plongé dans l’étude du droit, allant jusqu’à saisir la Cour européenne des droits de l’Homme. Celle-ci lui a donné raison en 1995 en condamnant la France pour un procès jugé inéquitable. Cette décision a poussé l’État français à introduire dans sa législation un dispositif permettant à un condamné d’être rejugé après un arrêt de la Cour européenne.

Malgré cette victoire, Abdelhamid Hakkar est resté derrière les barreaux pour purger une autre peine liée à une tentative d’évasion. Ses deux nouveaux procès, en 2003 puis en appel en 2005, ont confirmé la réclusion à perpétuité, avec une période de sûreté finalement réduite à seize ans au lieu de dix-huit. Renonçant aux évasions qui lui ont valu douze années d’isolement, il a concentré son énergie sur le terrain juridique pour contester ses conditions de détention et obtenir sa libération conditionnelle.

En 2006, avec neuf autres détenus, il avait lancé un appel retentissant au rétablissement de la peine de mort, estimant que de trop longues peines les faisaient crever à petit feu. Sa libération conditionnelle est finalement intervenue en 2012, mettant un terme à vingt-sept années d’incarcération. Il laisse derrière lui une empreinte indélébile dans les annales judiciaires et carcérales françaises.

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