Nous rejoindre sur les réseaux

Monde

L’Indiana confirme l’emprise sans partage de Trump sur son camp

Article

le

Malgré des sondages défavorables et une conjoncture économique morose, le président américain prouve une fois de plus sa mainmise sur les instances républicaines, comme en attestent les primaires tenues mardi dans l’Indiana.

Dans cet État conservateur du Midwest, Donald Trump avait engagé l’an dernier une lutte ouverte contre plusieurs élus républicains du Parlement local, après leur refus de se plier à ses injonctions concernant le redécoupage électoral. Depuis près d’un an, le chef de l’État mène une campagne active auprès des territoires dirigés par les siens pour qu’ils remanient leurs circonscriptions de manière à réduire l’influence démocrate à la Chambre des représentants.

Cette pratique, connue sous le nom de « gerrymandering », consiste à redistribuer le vote d’un parti sur plusieurs zones afin d’en diluer l’impact, produisant parfois des tracés géographiques pour le moins surprenants. L’objectif est de préserver la fragile majorité républicaine au Congrès lors des élections de mi-mandat en novembre, alors que la conjoncture s’annonce défavorable pour le camp présidentiel.

Le Texas avait déjà répondu à cet appel en remodelant sa carte électorale, permettant d’envoyer cinq élus républicains supplémentaires à Washington. Plusieurs États démocrates ont depuis répliqué en procédant à leurs propres redécoupages, annulant ainsi les gains obtenus par les conservateurs.

Dans l’Indiana, la chambre basse du Parlement local avait adopté une nouvelle carte susceptible d’éliminer les deux sièges actuels de députés démocrates. Mais ce projet avait été rejeté en décembre par les sénateurs de l’État, pourtant majoritairement républicains, invoquant leur refus de céder aux pressions de la Maison-Blanche. Le vice-président JD Vance avait lui-même tenté de convaincre les élus, sans succès.

Donald Trump avait alors proféré une menace explicite. Il avait prévenu que tout élu s’opposant à ce redécoupage et au succès du Parti républicain à Washington se verrait opposer une candidature issue de son mouvement « Make America Great Again » lors des primaires suivantes.

Six mois plus tard, la sanction est tombée par l’intermédiaire des électeurs. Sur huit sénateurs ayant voté contre le redécoupage et briguant un nouveau mandat, au moins cinq ont été nettement battus mardi lors des primaires, tandis que deux autres se trouvent en position défavorable selon les premiers résultats. Leur défaite fait suite à une campagne durant laquelle les instances nationales du Parti républicain ont injecté plusieurs millions de dollars pour soutenir leurs adversaires, une somme inhabituellement élevée pour des élections locales de cette nature.

David Axelrod, ancien conseiller du président démocrate Barack Obama, a livré son analyse sur le réseau social X. Selon lui, ces résultats expliquent pourquoi tant d’élus républicains continuent de suivre le président, même au prix de leurs convictions de longue date. Il a souligné que Donald Trump, bien que très impopulaire dans l’ensemble du pays et constituant un handicap pour tout candidat républicain dans un État ou une circonscription stratégique, conserve l’allégeance inconditionnelle de sa base, avec la menace de l’utiliser comme une arme contre tout dissident lors des primaires.

Jim Banks, sénateur républicain de l’Indiana au Congrès et partisan du redécoupage, a estimé que les électeurs conservateurs avaient adressé un message clair lors de ces primaires. Il a déclaré à Politico que ce message, appris au cours des dix dernières années, était que le Parti républicain appartient désormais à Donald Trump.

L’attention se porte à présent sur le Kentucky, où le député républicain Thomas Massie, devenu la cible privilégiée du président en raison de ses positions divergentes au Congrès, affrontera un candidat soutenu par l’appareil républicain lors d’une primaire prévue le 19 mai. Chris LaCivita, l’architecte de la campagne victorieuse du milliardaire républicain en 2024, a d’ailleurs adressé un avertissement à l’élu conservateur sur X après les résultats de l’Indiana, le désignant comme la prochaine cible.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus