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Économie

L’aéronautique française fait le pari de la défense et de l’emploi

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La filière aérospatiale hexagonale annonce 20 000 recrutements pour 2026, portée par une demande militaire croissante et des tensions géopolitiques favorables aux équipements européens.

Le secteur aérospatial français affiche une santé insolente. Avec un chiffre d’affaires de 85,6 milliards d’euros en 2025, en progression de 12 % sur un an, la filière emploie désormais 230 500 personnes et a généré 7 000 créations nettes d’emplois l’an dernier, selon les données communiquées par le Gifas. Ce dynamisme repose sur une demande soutenue, tant dans le domaine civil que militaire, et sur une pénurie structurelle de talents.

La question des compétences techniques constitue un enjeu majeur. La France forme chaque année environ 40 000 ingénieurs, alors que les besoins de l’industrie aérospatiale atteignent le double. Cette situation ouvre des perspectives inédites pour les jeunes femmes issues de filières scientifiques, systématiquement recrutées par les entreprises du secteur. Elle offre également une voie de reconversion aux ingénieurs de l’automobile, un secteur confronté à plus de 10 000 suppressions de postes en Europe depuis deux ans. Les passerelles entre ces deux industries se multiplient, notamment autour des technologies de drones et de l’intelligence artificielle.

Le volet défense prend une place croissante dans les activités du Gifas, bien qu’il ne représente encore qu’un quart de son périmètre. Les tensions au Moyen-Orient et le désengagement américain de certains marchés européens créent un contexte favorable aux équipements européens. Des systèmes comme le SAMP/T de Thales, associé aux missiles Aster, gagnent en crédibilité face aux solutions américaines. Selon les responsables du groupement, les arguments de disponibilité immédiate ou de supériorité technique avancés par les fournisseurs américains pourraient être remis en cause.

Du côté civil, l’activité reste soutenue. Aucune compagnie aérienne n’a demandé à reporter des livraisons d’appareils, et le secteur souffre toujours d’une pénurie d’avions. Les transporteurs du Golfe ont retrouvé entre 50 et 70 % de leurs capacités, tandis que l’impact des compagnies low cost, qui réduisent leurs vols face à la hausse du kérosène, reste marginal. La résilience de la filière dépendra toutefois de la durée de la crise actuelle. Un conflit prolongé pourrait modifier les équilibres, mais pour l’instant, l’industrie aérospatiale française continue de voler haut.

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