Culture
Paris vibre au rythme de Nollywood
La capitale française accueille la treizième édition du festival NollywoodWeek, célébrant la vitalité du cinéma africain, du Nigeria au Sénégal.
Paris se transforme en épicentre du cinéma africain avec le lancement, ce mercredi, de la 13e édition du festival NollywoodWeek. Jusqu’à dimanche, cet événement met à l’honneur la prolifique industrie nigériane, souvent comparée à Bollywood pour son volume de productions, mais aussi les talents émergents du Ghana, du Kenya et du Sénégal. Les organisateurs, conscients de l’ampleur du phénomène culturel que représente Nollywood, ont souhaité offrir une vitrine parisienne à ces œuvres.
Le cofondateur du festival, Serge Noukoué, explique que l’initiative, lancée en 2013, visait à renouveler le regard porté sur le cinéma africain. L’an dernier, une étape importante a été franchie avec la sélection officielle du film nigérian « My Father’s Shadow » au Festival de Cannes, signe d’une reconnaissance croissante pour une industrie longtemps perçue comme une usine à drames à petit budget. L’essor des plateformes de streaming et la popularité mondiale de genres musicaux comme l’Afrobeats ont considérablement élargi l’audience et amélioré la qualité des productions, tout en facilitant leur financement.
Malgré ces progrès, les producteurs peinent encore à séduire un public au-delà de la diaspora africaine, alors même que le nombre de films tournés chaque année dépasse celui d’Hollywood. Le festival, installé au cinéma L’Arlequin, propose une programmation éclectique. On y trouvera notamment « East West Love » de Seko Shamte, « Evi Superstar » d’Uyoyou Adia, qui raconte le parcours d’une chanteuse nigériane contrainte de tout reconstruire, ou encore « Mothers of Chibok » de Joel Akachukwu Benson, un film poignant sur les mères des lycéennes enlevées en 2014. Le documentaire « Batwing Unmasked: An African Superhero » de Thomas Letellier explore quant à lui l’émergence du premier super-héros africain dans l’univers DC Comics.
Pour Serge Noukoué, le streaming a certes ouvert de nouvelles portes, mais Nollywood doit encore gagner en professionnalisme et en structure. Il décrit une industrie ambitieuse mais freinée par des moyens insuffisants. « Nous sommes à un stade où de nombreux éléments sont encore nécessaires pour que Nollywood atteigne son plein potentiel », confie-t-il. Le festival se veut un laboratoire pour l’avenir, avec des tables rondes abordant des enjeux contemporains comme les droits musicaux et l’intelligence artificielle dans le cinéma. L’objectif reste de faire tomber les barrières, un chantier qui demande encore beaucoup d’efforts.
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