Économie
Les banques en ligne modifient les règles de la rémunération des dépôts


Une étude publiée par la Banque centrale européenne révèle que les néobanques ajustent leurs taux d’épargne bien plus vite que les établissements traditionnels, sans pour autant répercuter cette agilité sur leurs crédits.
Les établissements bancaires numériques, dont le nombre ne cesse de croître dans la zone euro, réagissent avec une célérité inédite aux variations de la politique monétaire européenne en matière de rémunération des dépôts. Une analyse portant sur plus de 170 de ces structures, publiée récemment, montre que cette souplesse ne s’étend pas à leurs offres de crédit, qui demeurent comparables à celles des banques classiques.
Lors de la phase de resserrement monétaire engagée entre 2022 et 2023, alors que le taux directeur passait de moins 0,5 pour cent à 4 pour cent, les banques en ligne ont augmenté les taux offerts à leurs épargnants de manière plus marquée et plus rapide que leurs concurrentes disposant d’un réseau d’agences. Cette stratégie leur a permis d’éviter une fuite massive des dépôts, un risque pourtant bien réel dans un contexte de hausse des rendements.
En revanche, ces mêmes établissements n’ont pas relevé leurs taux de crédit davantage que les banques traditionnelles. Ce décalage a entraîné une compression de leurs marges bénéficiaires, les contraignant à réduire leur activité de prêt. L’étude souligne que cette situation a freiné l’expansion du crédit pendant la période de hausse des taux.
Avec le début de l’assouplissement monétaire, le taux de référence étant passé de 4 pour cent à 2 pour cent entre septembre 2024 et juin 2025, les banques numériques ont inversé leur comportement. Elles ont abaissé plus rapidement que les établissements classiques les taux offerts aux nouveaux déposants. Cette normalisation de leurs marges s’est toutefois accompagnée d’un ralentissement des entrées de dépôts.
Les néobanques, généralement de taille plus modeste que leurs homologues traditionnelles, tirent une part significative de leurs revenus des commissions, en complément des intérêts perçus. Cette structure particulière explique en partie leur réactivité face aux décisions de la Banque centrale européenne.
Pour la politique monétaire, cette agilité implique une transmission plus rapide et plus intense des décisions de la BCE sur les taux d’épargne. En revanche, la rigidité des taux de crédit limite l’expansion du crédit en période de resserrement. Les tests de résistance réalisés cette année devront intégrer ces deux phénomènes, à savoir les pressions sur les marges liées à un ajustement rapide des dépôts et la capacité des banques à absorber ces chocs.





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