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La Nouvelle-Zélande devant les tribunaux pour son inaction climatique

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Le gouvernement conservateur de Christopher Luxon est accusé par des associations environnementales de miser sur des technologies futures hypothétiques plutôt que d’agir concrètement contre le réchauffement, une stratégie qualifiée de « pensée magique ».

La Nouvelle-Zélande, réputée pour ses étendues verdoyantes et sa faune exceptionnelle, se trouve au cœur d’une bataille juridique inédite. Deux organisations de défense de l’environnement, Lawyers for Climate Action et Environmental Law Initiative, ont assigné en justice le gouvernement du Premier ministre conservateur Christopher Luxon, arrivé au pouvoir en 2023. Elles lui reprochent de s’en remettre excessivement à des technologies encore balbutiantes pour atteindre ses objectifs climatiques, au détriment de mesures tangibles de réduction des émissions.

Le pays s’est fixé des cibles ambitieuses inscrites dans la loi, avec la neutralité carbone d’ici 2050 et une diminution du méthane issu des déchets et de l’agriculture, un secteur clé dans cette nation où les moutons sont plus nombreux que les humains. En janvier 2025, le gouvernement a révisé ses engagements en visant une baisse des émissions de carbone de 51 % par rapport aux niveaux de 2005 d’ici 2035, un recul par rapport à l’objectif précédent de 50 % pour 2030. Les associations soulignent que la coalition au pouvoir a abandonné plusieurs politiques héritées du gouvernement travailliste de Jacinda Ardern, notamment la prime à l’achat de véhicules électriques, l’interdiction de l’exploration pétrolière et gazière, et a accéléré les procédures d’octroi de permis miniers.

James Every-Palmer, cofondateur de Lawyers for Climate Action, dénonce une approche au jour le jour. Il rappelle que les propres analyses du gouvernement estiment à environ 50 % les chances d’atteindre ces objectifs. Cette incertitude a conduit les plaignants à saisir la Haute Cour de Wellington en mars, une décision attendue dans l’année. Pour lui, une politique climatique ne saurait reposer sur l’espoir que des solutions émergeront à temps, une forme de pensée magique.

Les associations pointent du doigt la confiance excessive placée dans des technologies encore théoriques, comme la réduction du méthane, la capture du carbone ou l’hydrogène vert, au détriment de réductions immédiates des émissions. Ce phénomène n’est pas isolé. Les litiges climatiques se multiplient à l’échelle mondiale, de la Corée du Sud à l’Allemagne. En 2021, une cour allemande avait jugé inconstitutionnels les plans climatiques de Berlin, estimant qu’ils reposaient trop sur des évolutions futures, reportant le fardeau des réductions sur les générations suivantes.

Jenny Cooper, avocate et cofondatrice de Lawyers for Climate Action, observe que le droit a peu à voir avec la magie. Elle considère les recours judiciaires comme un moyen efficace de ramener ces enjeux sur le terrain des réalités concrètes. Interrogé par l’AFP, le ministre du Changement climatique Simon Watts a refusé de commenter l’affaire, en raison de son examen par la justice.

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