Monde
Museveni accuse l’opposition de terrorisme après sa réélection


_**Le président ougandais, reconduit pour un septième mandat, a lancé de graves accusations contre ses détracteurs, dans un contexte de contestation du scrutin et de restrictions des libertés publiques.**_
Le chef de l’État ougandais, Yoweri Museveni, a employé une rhétorique particulièrement ferme à l’encontre de ses opposants politiques. Au lendemain de la proclamation officielle de sa victoire à l’élection présidentielle, il les a publiquement qualifiés d’éléments terroristes. Selon ses déclarations, ces derniers auraient fomenté des actions violentes visant à renverser les résultats du vote. Le président, au pouvoir depuis près de quatre décennies, a également évoqué des collusions avec des acteurs étrangers.
Cette sortie verbale intervient dans un climat de fortes tensions post-électorales. Le principal candidat de l’opposition, Bobi Wine, a immédiatement rejeté les résultats, les qualifiant de frauduleux. La situation autour de ce dernier demeure floue, ses communications étant interrompues depuis plusieurs jours tandis que les forces de sécurité encerclent sa résidence. Les autorités affirment qu’il est chez lui et en sécurité, sans permettre toutefois aux médias de le vérifier.
Le processus électoral lui-même a été marqué par de vives critiques. Des observateurs nationaux et internationaux ont pointé du doigt de nombreuses irrégularités, évoquant des intimidations, des arrestations et une érosion de la confiance dans le scrutin. Les autorités avaient préalablement ordonné une coupure générale du réseau internet, justifiée par la lutte contre la désinformation, une mesure dénoncée par plusieurs organisations de défense des droits. Si la connexion a été partiellement rétablie, l’accès aux principales plateformes de réseaux sociaux reste interdit.
Par ailleurs, des incidents violents ont été rapportés dans certaines régions du pays. Un élu de l’opposition a fait état de plusieurs morts parmi ses partisans, imputées à l’armée. La police a pour sa part présenté une version différente des faits, parlant d’une riposte des forces de l’ordre face à une attaque contre un centre de dépouillement. Le pouvoir exécutif assure que de tels actes étaient planifiés à plus large échelle par le mouvement d’opposition.
Malgré ces tensions, l’ordre règne dans la majeure partie du territoire. La capitale, Kampala, a retrouvé une activité normale après les annonces officielles, avec une présence sécuritaire visiblement réduite. Pour de nombreux analystes, la réélection de Yoweri Museveni, crédité de plus de 71% des voix, ne faisait guère de doute, compte tenu du contrôle étendu qu’il exerce sur les institutions et les appareils de sécurité. Il conserve parallèlement une image de figure stabilisatrice pour une partie de la population, qui lui attribue la fin des décennies de chaos précédant son arrivée au pouvoir.





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