Monde
Des milliers d’Argentins honorent les victimes de la dictature sous le regard divisé du pouvoir

Alors que le gouvernement Milei ouvre les archives secrètes de la période noire (1976-1983), les rues de Buenos Aires résonnent d’un même cri « Plus jamais ça » face aux craintes d’un révisionnisme d’État.
Des dizaines de milliers de citoyens ont envahi la Place de Mai ce lundi 24 mars, jour anniversaire du coup d’État de 1976. Portant les portraits des disparus et scandant des slogans pour la justice, la foule a rendu hommage aux combats des Mères et Grands-mères de la Place de Mai, dont certaines ont défilé en fauteuil roulant après près d’un demi-siècle de lutte.
Dans un geste symbolique, l’exécutif a annoncé la déclassification intégrale des documents militaires relatifs à la répression. Une mesure présentée comme l’application tardive d’un décret kirchnériste de 2010, mais qui suscite la méfiance des associations. Celles-ci redoutent une instrumentalisation politique, alors que l’administration actuelle assimile les crimes de la junte à ceux des groupes armés révolutionnaires.
Les manifestants ont dénoncé les coupes budgétaires affectant les programmes mémoriels et les lieux symboliques de la terreur d’État. « Milei, tu incarnes la dictature », ont hurlé des protestataires brandissant les traditionnels foulards blancs. Les organisations estiment toujours à 30 000 le nombre de disparus et poursuivent la quête des 400 bébés volés à leurs familles.
Malgré les tensions récentes entre forces de l’ordre et contestataires, cette commémoration s’est déroulée dans le calme. Pour Maria Eva Gomez, 57 ans, venue avec sa famille, « cet hommage reste vital pour que les jeunes générations n’oublient pas les heures sombres du pays ». Un message d’autant plus crucial que le pouvoir actuel brouille les repères historiques, selon ses détracteurs.
_(AFP – 24 mars 2025)_

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