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Mayotte, trois ans de pénurie d’eau face à une gestion mise en cause

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Alors que le tribunal de Paris doit rendre son verdict dans une affaire de détournement de fonds publics liée à l’ancien syndicat des eaux, l’archipel français subit toujours des restrictions drastiques, héritage d’une sécheresse historique et de dysfonctionnements structurels.

Depuis trois ans, les habitants de Mayotte vivent au rythme des coupures organisées, communément appelées « tours d’eau ». Cette situation exceptionnelle, initialement déclenchée par une sécheresse sévère en 2023, perdure en raison d’infrastructures vétustes et d’une gestion défaillante du service public. Les besoins quotidiens en eau potable dépassent largement les capacités de production, plongeant une partie de la population dans une précarité hydrique chronique.

La fragilité du système est accentuée par la dépendance quasi totale de l’île aux précipitations, dans un contexte de changement climatique qui raccourcit les saisons des pluies. La croissance démographique rapide, avec une population qui a plus que doublé depuis le début du siècle, exerce une pression supplémentaire sur des ressources déjà limitées. Les deux retenues collinaires principales, construites il y a plus de vingt ans, sont aujourd’hui insuffisantes.

Les difficultés ne se limitent pas à la rareté de la ressource. Les fuites sur le réseau de distribution entraîneraient la perte d’environ un tiers de l’eau traitée. Parallèlement, des projets censés renforcer la résilience du territoire, comme l’augmentation de la capacité de l’usine de dessalement de Petite-Terre ou la création d’une nouvelle retenue d’eau, accusent des retards répétés, nourrissant un sentiment d’abandon parmi les usagers.

Cette crise a conduit à une mobilisation citoyenne et à des actions en justice. Des associations ont obtenu une réduction significative des factures d’eau pour les abonnés. Par ailleurs, le procès de l’ancienne direction du syndicat des eaux, jugé pour détournement de fonds publics et favoritisme, a mis en lumière les défaillances de gouvernance qui ont pu aggraver la situation.

Face à ces constats, les autorités ont annoncé un nouveau plan d’investissements, prévoyant notamment la construction d’une seconde usine de dessalement et d’une troisième retenue d’eau d’ici à 2032. Cependant, sur le terrain, la méfiance reste de mise. Les promesses non tenues par le passé et la lenteur des réalisations concrètes laissent planer le doute sur la capacité à mettre un terme durable à cette pénurie qui affecte le quotidien de toute une population.

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